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    L’Atérien

    L’indication la plus claire d’un changement technologique au début du MSA en Afrique du Nord-Ouest provient de l’apparition du technocomplexe atérien. Il est caractérisé par la présence constante d’outils pédonculés et est désormais daté avec certitude entre 145 000 et 30 000 ans BP. Des sites atériens sont connus au Maroc, en Algérie, en Tunisie, en Libye, en Égypte, ainsi que sur le pourtour du bassin tchadien et notamment la façade orientale de l’Aïr au Niger. La vaste répartition des chasseurs-cueilleurs atériens du Middle Stone Age (MSA), depuis la côte atlantique marocaine jusqu’au Sahara oriental et aussi loin au sud que l’Aïr et le Ténéré nigériens, reflète à la fois l’expansion d’Homo sapiens sapiens et sa remarquable capacité d’adaptation aux environnements désertiques (Holl 2025).

    L’homme atérien est souvent présenté comme le « Cro-Magnon » de l’Afrique du Nord. Il se caractérise par une ossature robuste, une boîte crânienne large et relativement basse, et présente des affinités avec les populations de Djebel Irhoud dont il pourrait être l’héritier culturel et biologique. Il est également considéré comme l’ancêtre de l’homme de Mechta el-Arbi, largement représenté dans le Maghreb occidental. Il s’agit d’un Homo sapiens sapiens encore archaïque (Camps 1987).

    L’innovation la plus emblématique du comportement complexe atérien est l’adoption de pratiques symboliques. Des concentrations de coquillages ont été intentionnellement accumulées sur plusieurs sites de la côte atlantique. Ces mollusques n’avaient aucun intérêt alimentaire et pouvaient être importés des côtes sur de longues distances, suggérant l’existence de réseaux d’échanges entre le littoral et l’arrière-pays. Certaines de ces coquilles ont été volontairement perforées et colorées à l’ocre. Les plus anciennes perles de coquillages marins sont documentées à la Grotte des Contrebandiers au Maroc, datant de 116 000 BP (Garcea 2022).


    Variabilité et spécificités de l’Atérien

    L’Atérien est défini depuis 1922 par Reygasse comme un Moustérien à outils pédonculés. Il se présente comme un faciès fondé sur un débitage Levallois souvent laminaire, caractérisé par de nombreux racloirs, des pointes abondantes et une proportion de grattoirs plus importante que dans les autres faciès moustériens. Une part significative de l’outillage comporte un pédoncule, généralement aménagé sur les deux faces. L’Atérien constitue ainsi un faciès moustérien original, tant par la composition typologique de son outillage que par la présence de pièces pédonculées (Tixier 1967).

    Les tentatives visant à établir des corrélations entre l’Atérien et les évolutions climatiques demeurent délicates, le Sahara ne constituant pas un ensemble écologiquement homogène (Hawkins et Kleindienst 2001). Il convient néanmoins de souligner les travaux de Thierry Tillet, qui a montré que, dans chacune des grandes régions africaines où l’industrie atérienne est attestée, celle-ci est associée à des phases relativement humides, notamment dans le bassin tchadien (Tillet 1987). L’homme atérien se rencontre ainsi aussi bien dans les massifs de l’Atlas et du Sahara central que dans les plaines bordant les zones lacustres, suivant les déplacements du gibier et l’évolution des ressources végétales. Cette forte mobilité expliquerait l’homogénéité générale de la culture atérienne, même si celle-ci demeure difficile à caractériser à l’échelle de l’ensemble de l’Afrique du Nord (Le Quellec 2014).


    L’Atérien au Maghreb

    Au Maghreb, un faciès moustéroïde semble évoluer progressivement vers l’Atérien. Cette culture est attribuée à Homo sapiens sapiens, dont l’homme de Dar es Soltane constitue l’un des représentants. Son origine demeure toutefois mal connue et pourrait remonter à la phase humide comprise entre 90 000 et 65 000 BP, succédant ainsi à l’homme de Djebel Irhoud, qui marque la transition entre les premières phases du Middle Stone Age et les formes plus récentes de celui-ci (Vernet 2004).

    Néanmoins, au Maghreb, le site de Sidi Saïd a livré une industrie atérienne à pièces pédonculées située sous un niveau moustérien riche en racloirs et en pointes à retouches unifaciales. Cette découverte remet en question l’antériorité systématique du Moustérien sur l’Atérien, généralement admise jusqu’à présent (Betrouni 2009). Dans l’attente de données complémentaires permettant de préciser ces relations à l’échelle régionale, plusieurs cultures encore mal connues sont généralement regroupées au sein du Middle Stone Age, notamment dans le Sahara méridional où elles sont souvent représentées par de petits sites insuffisamment étudiés.

    L’étude des fossiles humains du Maghreb conduit à souligner une certaine filiation morphologique, mais pas forcément culturelle, entre les Acheuléens, les Moustériens, les Atériens et les Ibéromaurusiens. Elle évoque une évolution, plutôt continue et sur place, des hommes fossiles dans le Nord-Ouest africain. Des événements climatiques et géographiques ont joué un rôle fondamental dans les processus évolutifs.

    En Afrique du Nord, le phénomène important entrant en jeu dans les mouvements des hommes et des faunes reste l’extension périodique du désert du Sahara. Les paléoclimats de l’Afrique du Nord n’ont subi que les contrecoups des fortes oscillations climatiques européennes. L’Afrique du Nord reste à ce jour un bon exemple pour illustrer l’hypothèse de la continuité évolutive régionale des Homo erectus vers les Homo sapiens sapiens (Aouraghe 2006).


    Disparition et héritages de l’Atérien

    Il est probable que la population du Maghreb et de l’Afrique côtière ait augmenté lorsque l’occupation du Sahara a pris fin en raison d’une aridité croissante, vers 60 ka BP. Des recherches menées dans le massif du Tadrart Acacus, au centre du Sahara, dans le sud-ouest de la Libye, et dans le Jebel Gharbi, au nord-ouest de la Libye, ont montré que l’Atérien a disparu du Sahara vers 60 000 BP, alors qu’il s’est maintenu dans le nord grâce à de meilleures conditions climatiques (Garcea 2010).

    Les dates les plus anciennes, provenant du Maroc, situent l’Atérien au début du Pléistocène supérieur, vers 122–121 ka BP et une large fourchette chronologique de 150–45 ka BP lui est attribuée à Adrar Bous, au Niger. Toutes les datations les plus récentes s’accordent à situer la disparition de l’Atérien au plus tard vers 40 000 BP avant le présent (Garcea 2019).

    La répartition temporelle et spatiale des cultures atérienne et MSA au Fezzan est connue grâce aux grottes d’Acacus d’Uan Tabu (culture atérienne) et d’Uan Afuda (culture MSA), ainsi qu’aux études menées dans les déserts de sable de Messak et d’Ubari. Uan Afuda et Uan Tabu constituent les séquences stratigraphiques de référence d’une région où la plupart des découvertes sont de surface. Ces sites fournissent les seules datations régionales pour ces industries (90-70 ka BP), ainsi que la preuve que ces occupations atériennes et MSA ont été suivies d’une longue période archéologiquement stérile marquée par une aridité extrême jusqu’au début de l’Holocène. D’un point de vue typologique, l’Atérien du Fezzan est typique en ce qu’il se caractérise par la présence de pièces à soie foliacées rappelant celle décrites par Clark à Adrar Bous ayant une affinité typologique générale avec les complexes techniques Lupembien et Sangoen. D’autres affinités font dire à Van Peer que l’Atérien est une adaptation des groupes de chasseurs-cueilleurs du complexe nubien lors de leur dispersion vers le Sahara central au cours d’une phase plus humide (Lahr 2013 ; Scerri 2019). Uan Tabu était un site d’habitation où un large éventail d’activités a été mené sur une longue période. De nombreux autres sites à travers le Sahara indiquent également une faible mobilité et une exploitation intensive des ressources locales, suggérant, comme dans le désert occidental égyptien, que les chasseurs-cueilleurs de l’Atérien ont développé des stratégies pour s’adapter aux environnements arides en s’installant près des rares sources d’eau disponibles (Garcea 2012).

    En l’absence de données pour l’Ighazer, les sites connus de l’Aïr oriental montrent que cette culture est bien présente durant la phase humide comprise entre 40 000 et 33 000 BP, notamment dans la région de Bilma. Une seconde phase humide, entre 29 000 et 22 000 BP, voit l’occupation de sites plus développés tels qu’Adrar Bous ou Anakom. Entre ces deux périodes favorables, les épisodes arides contraignent les populations à se replier vers des espaces plus cléments, notamment les marges orientales de l’Aïr. Entre plaines et montagnes, les groupes humains ont probablement exploité alternativement les ressources disponibles dans chacun de ces milieux (Tillet 1987).

    Les phases humides sahariennes correspondent souvent à des périodes plus arides en Afrique orientale, ce qui a pu favoriser des mouvements de populations vers un Sahara temporairement plus accueillant. Cette opposition climatique a probablement influencé les relations entre le Sahara central, le nord du Soudan et la vallée du Nil, peut-être jusqu’aux périodes néolithiques et pastorales. La découverte d’une pendeloque à Seggedim a même conduit certains auteurs à envisager une survivance de traditions atériennes jusqu’au Néolithique saharien (Tillet 1978).

    Cette civilisation saharienne atteint sa limite méridionale dans la région de l’Aïr et de l’Ighazer. Elle occupe une vaste aire allant de la vallée du Nil jusqu’à la boucle du Niger en passant par l’ensemble du Sahara. Au sud, elle ne semble guère dépasser le 18è parallèle nord. Cette limite pourrait correspondre à la bordure septentrionale des grandes étendues lacustres associées au paléolac Tchad (Tillet 1987), dont l’Ighazer et les falaises de Tiguidit pourraient avoir constitué une des marges.


    Les marges méridionales du Sahara

    Si l’Atérien apparaît relativement bien délimité au Sahara, avec une limite méridionale située autour des 18°–19° de latitude nord et une forte continuité technique, la situation est beaucoup moins claire dans les zones sahéliennes. Les données y demeurent insuffisantes, notamment en raison du manque de contextes stratigraphiques fiables permettant des datations précises. Le site d’Ounjougou, au Mali, constitue néanmoins l’un des meilleurs exemples d’occupation paléolithique du Sahel. Il révèle une succession rapide de peuplements aux traditions techniques renouvelées, dont les causes restent encore mal comprises (Soriano et al. 2010).

    Le contraste entre la séquence d’Ounjougou, marquée par des changements techniques fréquents, et l’Atérien, caractérisé par une remarquable stabilité de ses traditions, suggère l’existence d’une frontière culturelle entre ces deux ensembles. Cette distinction semble d’ailleurs confirmée par la limite méridionale particulièrement nette de la répartition de l’Atérien. Une fois encore, la plaine de l’Ighazer apparaît comme une zone de contact entre plusieurs influences culturelles dont les contours restent encore difficiles à préciser.

    Il convient dès lors de ne pas négliger l’influence des cultures développées au sud du Sahara, dans les savanes et les zones forestières, encore très mal connues. L’archéologie au Niger a longtemps privilégié une lecture des mouvements de populations selon des axes nord-sud ou est-ouest, laissant parfois dans l’ombre d’éventuelles dynamiques inverses. Comme le rappelle Anne Haour, « les fabricants de bifaces acheuléens, de pointes atériennes ou d’instruments de chasse microlithiques, les éleveurs de bovins, de moutons et de chèvres, les constructeurs de structures funéraires monumentales et les seigneurs de guerre haoussa auraient tous migré vers le sud face à une dessiccation croissante du Sahara » (Haour 2003). Si ce modèle demeure pertinent, il accorde peu de place aux populations soudaniennes qui développèrent elles aussi leurs propres traditions culturelles. L’un des indices possibles de ces influences méridionales réside dans la présence de bifaces lancéolés observés sur certains sites atériens, tel Adrar Bous, et rapprochés par Clark du Lupembien d’Afrique centrale (Hawkins et Kleindienst 2001 ; Clark 2008).


    La répartition de l’Atérien au Niger

    2022 jarry aterienL’Atérien se caractérise par un recours systématique au débitage Levallois associé à la présence d’un pédoncule destiné à l’emmanchement. Cette industrie est particulièrement abondante dans le nord-est du Niger, notamment dans le Kawar à partir de Seggedim ainsi que dans le Djado. Elle est également attestée sur la façade orientale de l’Aïr, à Adrar Bous, Anakom Kori et Amakon, parfois sur plusieurs hectares, mais aussi à l’intérieur du massif, notamment à Ekouloulef et Mouezout. En revanche, elle n’est pas connue en Ighazer et semble absente du sud-ouest du Niger (Durand 1995 ; Gado et al. 2001).

    Pour Thierry Tillet, les populations atériennes auraient pénétré l’Aïr par l’est, attirées notamment par les ressources lithiques de qualité, telles que les rhyolites particulièrement appréciées des tailleurs. Elles ne semblent toutefois pas s’être durablement installées dans le massif lui-même, les sites identifiés correspondant principalement à des ateliers temporaires de débitage, tandis que les habitats étaient probablement situés sur les piémonts orientaux de la « montagne bleue » (Tillet 1991). À Adrar Bous, certains outils sont façonnés dans des roches dont les affleurements les plus proches se trouvent à près de 280 km, ce qui témoigne soit d’une très forte mobilité, soit de réseaux d’échanges à moyenne distance (Hawkins et Kleindienst 2001).

    Plus au sud, aucun outil pédonculé n’a été identifié dans le massif du Termit, confirmant ainsi la limite méridionale de l’Atérien évoquée précédemment. Dans cette région, les industries moustéroïdes constituent la phase terminale du Paléolithique (Quéchon et Roset 1974).


    L’occupation atérienne dans l’Aïr

    L’Aïr, à l’instar des autres massifs centraux sahariens, semble n’avoir constitué qu’un espace de passage durant la période atérienne. Les seuls gisements attribuables à cette époque correspondent essentiellement à des ateliers de taille, tels que ceux de Mouézout et d’Ekouloulef. Au Paléolithique, les piémonts orientaux de l’Aïr et du Tibesti apparaissent beaucoup plus fréquentés que les vastes plaines du Ténéré ou l’intérieur des massifs. L’Atérien est particulièrement abondant dans les zones d’affleurement des nappes et aux exutoires des oueds descendant des reliefs. Cette répartition s’explique par le caractère subaride du climat au moment de l’occupation atérienne de ces régions (Tillet 1991).

    Adrar Bous, séquence de référence

    Les travaux menés par Desmond Clark dans les années 1970, publiés au début du XXIè siècle, permettent de mieux connaître l’Atérien dans les environs de la plaine de l’Ighazer. Dans deux localités de l’Adrar Bous, les niveaux atériens reposent sur une couche sédimentaire datée entre 100 000 et 250 000 BP, elle-même installée au-dessus de niveaux acheuléens. L’assemblage de cette couche intermédiaire présente des techniques de débitage Levallois et discoïde, mais ne comporte ni pièces pédonculées ni autres outils caractéristiques de l’Atérien. Ce Paléolithique moyen, ou Moustérien, sous-jacent à l’Atérien sur le sites de Gabbro Hill et Hidden Valley, se distingue également par l’utilisation quasi exclusive de matières premières locales. À l’inverse, l’une des principales caractéristiques de l’Atérien réside dans l’emploi de tuf vitrique silicifié provenant d’affleurements éloignés situés au nord et à l’est du massif de l’Adrar Bous (Clark 2008).

    Cette matière première n’est pas locale : les affleurements les plus proches se situent à environ 80 km au nord et 200 km à l’est d’Adrar Bous. Son transport jusqu’au site témoigne soit d’une forte mobilité des groupes humains, soit de l’existence de réseaux d’échanges à moyenne distance. Il est remarquable de constater que la majorité des outils du Néolithique ténéréen sera ultérieurement fabriquée dans cette même roche de grande qualité.

    L’Atérien d’Adrar Bous se distingue par la présence de pièces bifaciales foliacées finement retouchées ainsi que de bifaces lancéolés, caractéristiques du complexe industriel lupembien d’Afrique centrale. Cette association particulière se retrouve sur plusieurs sites du bassin tchadien, notamment à Seggedim, Chemidour et Ounianga Kebir. Ces observations suggèrent que l’Atérien du bassin du Tchad et de ses piémonts adjacents constitue une variante géographique spécifique de l’industrie atérienne. Clark souligne que l’Atérien du bassin tchadien présente des affinités plus marquées avec les traditions équatoriales que ne le laissent supposer les assemblages plus septentrionaux. Cette interprétation rejoint les hypothèses déjà formulées par Kleindienst et Van Peer, qui envisagent une origine de cette industrie dans les régions situées au sud-est du Sahara (Clark 2008).

    Par conséquent, la zone du Sahara méridional englobant le nord du Niger, le nord du bassin du lac Tchad et le sud du Tibesti semble correspondre à une tradition lithique régionale du Paléolithique moyen subdivisée en deux grandes phases : une industrie ancienne dépourvue de pédoncules et un faciès atérien plus récent caractérisé par la présence de pièces pédonculées et d’un outillage spécialisé plus diversifié.

    Dans cette perspective, certains assemblages atériens à pointes lancéolées, tels que ceux d’Adrar Bous, pourraient être antérieurs à 80 000 BP. Le Paléolithique moyen de ce secteur couvrirait ainsi une période particulièrement longue, s’étendant du dernier interglaciaire au début du dernier glaciaire. Pour Clark, il ne fait désormais guère de doute que les stades moustérien et atérien du Sahara sont associés à des populations humaines anatomiquement modernes correspondant aux stades isotopiques marins 5 et 4 (130-70 ka BP) (Clark 2008).

    Comme sur de nombreux autres sites sahariens et nord-africains, l’Atérien d’Adrar Bous semble avoir été produit par des groupes mobiles se déplaçant au rythme des saisons et des migrations du gibier. Les distances parcourues pour l’acquisition des matières premières suggèrent l’existence de petites communautés exploitant de vastes territoires. Pour Clark, l’Atérien saharien entretient des liens étroits avec le complexe lupembien d’Afrique équatoriale. Les deux ensembles partagent en effet des pointes bifaciales lancéolées soigneusement façonnées, tandis que des outils pédonculés apparaissent également dans les phases tardives du Lupembien (Clark 2008).

    Les ateliers de l’intérieur de l’Aïr (Tillet, 1991)

    À Ekouloulef, sur la bordure nord-est du mont Goundaï, un site, proche d’une source, semble correspondre à un campement secondaire utilisé lors de l’approvisionnement en matière première, car les roches volcaniques acides — dans ce cas essentiellement des rhyolites — sont d’excellentes matières premières qui furent particulièrement appréciées par les populations atériennes, comme en témoigne l’abondance des ateliers de taille, proches de ce type de structures intrusives. Ainsi, le petit massif du Bilet, par exemple, comme le Goundaï, présentait un attrait certain en raison des ignimbrites et rhyolites (Tillet 1991).

    Le site de Mouézout correspond à l’un de ces petits ateliers de taille proches des sources de matière première. Les Atériens s’étaient installés là, à l’abri des vents dominants, dans un petit cirque formé par des blocs d’éboulis, sur le versant occidental du massif du Bilet, entre ce dernier et le kori de Mouézout. Ici, pas d’outils, mais de nombreux nucleus et éclats bruts de débitage, de technique Levallois (Tillet 1991).

    D’où venaient les Atériens de Mouézout et d’Ekouloulef ? Où se trouvaient leur habitat ? Les sites d’habitat atérien observés sur la bordure est de l’Aïr, c’est-à-dire aux confins du Ténéré, ont bien livré quelques pièces lithiques obtenues dans des rhyolites identiques à celles du Bilet et du Goundaï, mais que ce soit à l’Adrar Bous, à Izouzaden ou à Amakon, les industries sont composées principalement de pièces obtenues dans un tout autre type de rhyolite : celle que l’on trouve en abondance dans cette région, de couleur verte et qui fut si appréciée par les populations néolithiques dites ténéréennes. On ne peut donc pas actuellement établir de lien certain entre les industries de l’intérieur du massif et celles de sa façade orientale (Tillet 1991). 

     


    Références

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