Avant-hier

De la naissance du Sahara aux premiers hommes ... venez comprendre la richesse archéologique de cette région.


Les populations humaines tout autour de la falaise de Tiguidit connaissent bien leur territoire, elles connaissent chaque kori, chaque pâturage, chaque relief. Elles savaient depuis longtemps qu’à des endroits très particuliers dans des argiles, il y a des ossements géants qu'ils ne reconnaissent pas dans la nature actuelle. Chudeau, un géologue en tournée au sud de Marandet, est le premier en 1907 à identifier ces ossements comme ceux de dinosaures.

Si le Sahara nous apparaît aujourd'hui comme une terre qui de tout temps a été désolée et inhospitalière, il n'en a pas été toujours ainsi dans la grande histoire de la dérive des continents. Avant que cette dernière ne soit arrivée à son stade actuel, le Sahara a connu de grandes évolutions sur des temps géologiques se comptant en millions d'années, et son aridité ne serait issue que de ces derniers millénaires, modelant ainsi le milieu et les peuplements humains, affirmant son caractère majestueux.

L'Afrique est le berceau de l'humanité, car on y a retrouvé les plus anciennes traces d'homme, notamment dans le rift d'Afrique de l'est à l'époque quaternaire (Pléistocène). Mais en ce début de XXIè siècle, le berceau se serait déplacé vers le Sahara et le bassin du lac Tchad en particulier avec la découverte de Toumaï. Comme le disait l'Abbé Breuil, "le berceau du monde est à roulette" (cité par Pales 1962), pour signifier que les recherches fourniraient de nouveaux éléments propres à repositionner encore ce berceau.

Entre le Moustérien-Atérien au débitage Levallois et l’épipaléolithique, une industrie sur lames et lamelles, on observe un hiatus de l’occupation humaine au Sahara (Camps 1974). C’est pour le bassin du Lac Tchad le désert Kanémien, l’Ogolien pour l’Afrique occidentale, l’Ighazer se trouvant à l’interface de ces deux espaces temps climatiques, mais n’échappant pas pour autant à son aridité. Les populations se sont alors réfugiées sur les marges méridionales et septentrionales de ce désert, autour de la vallée du Nil, auprès des mares ou des lacs persistants et dans des climats plus cléments en altitude. Le désert Kanémien s’achèvera par une première phase « humide » datée de ca 13 000 à 12 500 BP. L'aridité est ensuite revenue durant environ 2 millénaires, entrecoupée par quelques brèves phases humides (Maley 2004).

Au Sahara, l’art rupestre peut se subdiviser en différents groupes ou styles, néanmoins il ne faut pas voir ces styles se suivre les uns à la suite des autres, mais les imaginer fluctuants dans le temps et l'espace et pouvant même cohabiter. La difficulté de datation de ces gravures et peintures ne peut qu'inciter à beaucoup de prudence pour une chronologie des différents styles sahariens, mais les recherches de ces deux dernières décennies permettent de poser des jalons très appréciables.

Par ailleurs, de plus en plus d’auteurs généralisent l’emploi de la cartographie satellitaire en ligne, ce qui permet des études aréales renouvelant l’approche de certaines questions, comme la relation entre chars et inscriptions en caractères Tifinagh, dont les distributions coïncident étroitement (Le Quellec 2017). Robert Vernet sur son blog, demandant un peu plus de déontologie et de méthodologie dans cet usage (Vernet 2022).

L'industrie métallique va matérialiser l'entrée de la plaine de l'Ighazer dans l'Histoire. Néanmoins ce passage s'étalera sur près de 2 millénaires, car les débuts de la métallurgie n'éteindront pas l'usage des outils lithiques aussi facilement. On peut même dire que ces nouvelles technologies ne changeront pas le quotidien des populations vers un mode de vie de plus en plus nomade, mais sans doute aussi de plus en plus hiérarchisé. Les métaux ont d’abord été transformé pour des petits objets de parures, de prestige voir de symbole de pouvoir pour afficher une position sociale, plutôt que des objets utilitaires destinés aux activités productives (Holl 2020). Cette période marque également le renforcement de l’influence saharienne et protoberbères sur la région de l’Ighazer, même si dans les montagnes de l'Aïr des "réfugiés climatiques" ont pu se maintenir encore quelques siècles non sans faire évoluer leur mode de vie.

Gobero (7700-6200 BE)

Le site de Gobero repose sur une paléodune qui fut récemment accumulée sur la période aride précédent le grand humide de 14000 à 8000 BE. On y trouve des sépultures dans un cimetière avec des hommes et des femmes de grande taille voisinant 2 mètres. Ce seraient des populations apparentées aux Mechtoïdes de l'holocène moyen du Mali et de la Mauritanie, mais aussi apparentées aux Ibéromaurusiens du Pléistocène, ainsi qu’aux Capsien du Maghreb du début de l'holocène, ce qui fait dire à Sereno que nous sommes en fasse d’un assemblage transsaharien ! (Sereno et al. 2008). Cet assemblage dénote une mobilité des néolithiques bien plus importante que de simples contacts de proche en proche et/ou une mixité des populations qui se fait de gré ou de force.

Les dinosaures de l'Ighazer

jobaria

afrovenator

suchomimus

ouranosaurus

nigersaurus

sarcosuchus

nigerpeton

saharastega

jobaria afrovenator suchomimus ouranosaurus
Jobaria tiguidensis
Afrovenator abakensis
Suchomimus tenerensis
Ouranosaurus nigeriensis
Nigersaurus taqueti
Sarcosuchus imperator
Nigerpeton ricqlesi
Saharastega moradiensis
Carcharodontosaurus saharicus
Baharijasaurus ingens
Elaphrosaurus iguidiensis
Aegyptosaurus baharijensis