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    L'Antiquité

    Pour comprendre le peuplement en Ighazer Aïr durant l’antiquité, il va nous falloir entre autres, comprendre le rayonnement du royaume des Garamantes et des peuplements voisins le long notamment de deux axes de commerce transsaharien, l'un menant au Lac Tchad et l'autre à la boucle du Niger, au regard des éléments que l’on a sur le peuplement en zone sahélienne.


    Les gétules vont occuper une place tout aussi importante que les garamantes dans l’histoire des populations de l’Ighazer. Gabriel Camps en fera des Sanhadja (Camps 1987) dont certaines factions, comme les Messufa, seront à l’origine du premier royaume de notre plaine. Les gétules sont des populations qui sont disséminées depuis la Syrte-Tripolitaine jusqu’aux rivages de l’atlantique sur une bande géographiquement hétérogène. Ils y occupent le plus souvent les hauts plateaux peu arrosés par un climat pré-désertique, restant pour une partie très en marge des autres populations notamment la Numidie et la Maurétanie (Desanges 1998). Le territoire gétules englobait une partie du désert saharien, la lisière nord du Sahara (Gsell cité par (Gascou 1970), c’est bien entendu cette frange méridionale de la Gétulie qui nous intéresse et particulièrement sa partie occidentale.

    L’épopée garamante peut se définir en deux périodes. La première durant le premier millénaire avant notre ère qui fonde l’entité garamantique en elle-même. Au cours de cette période, les garamantes feront une tumultueuse connaissance avec l’empire Romain. La seconde période commencera avec notre ère et sera une période faste commercialement aux côtés de l’empire Romain, jouant un rôle de plaque tournante du commerce transsaharien, avant le déclin du plus ancien des états sahariens et la dispersion des garamantes qui précédera l’arrivée de l’Islam.

    Le nom même des Garamantes signifierait « les gens des maisons ». La racine arhrham, « maison, construction », est une racine pan-berbère. Les nombreuses ruines de l'oued El-Agial témoignent en faveur de cette hypothèse. Il semble donc que les garamantes aient été principalement des oasiens agriculteurs sédentaires, vivant dans d'importants établissements permanents et complexes de bâtiments en briques crues. Cela ne veut pas dire que les garamantes n'ont pas également intégré des éléments pastoraux (Mattingly et al. 2019).