Aujourd'hui

D'In Gall à Tegidda n'Tessoumt, un climat qui détermine les sociétés et l'usage de l'environnement.


Les quartiers d'In GallLa ville de Ingall se décompose en unités géograhiques construites au fil de l'histoire. Les jardins se développent le long de l'oued, à proximité la ville ancienne sur une butte, qui évité soigneusement les débordements de l'oued,capable d'envahir les jardins pour y déposer des limons fertilisateurs. La ville est tout en rondeur avec une forte densité d'habitation, on dirait qu'elle se resserre sur elle même pour mieux se protéger.

Le chef de village Ousmane Houmoud (au centre) et deux chefs de quartier (Nabi Akéfil et Aïcha Islo).Chef de village

Les chefs de village qui se sont succédés à Ingall :

Hamma, Issoussou, Elhadj El moctar, Tayyoub, Chibba Saguid, Saguid Chibba, Halilou Bougounou, Houmoud Albadey, Ousmane Houmoud.

Les Imams (chefs réligieux) qui se sont succédés à Ingall : Mallam, Akou, Dilla, Nassa Hadji, Silimane Abdoulkarim, Ahmed Dilla.

A Ingall c’est l’Imam qui juge : c’est pourquoi selon mes orateurs Ingall n’est pas érigé en canton. Même si nous savons que administrativement il faut que plusieurs villages se rattachent à une ville pour avoir droit à un canton et cela par une demande adressée au ministre de l’intérieur.

L’histoire orale d’Ingall est diversement relatée, bien que la plupat des anciens rencontrés à Ingall rapportent presque la même chose : les Isawaghes sont les descendants d’Askias Mohamed. Même si les écrits et indices historiques et archéologiques mettent à mal cette version, elle est fortement encrées dans la mémoire collective.

Askias Mohamed aurait abandonné une partie de ses gens fatigués, à Ingall en allant en pélerinage à la Mecque vers 1497. Certains parlent de 18 personnes d’autres d'une trentaine. Ces gens semble t-il sont des enfants et des vieilles ; c’est pourquoi après le décès des plus vieux les enfants ne savent pas trop leur origine, ils ne connaissent que Askias Mohamed. De retour de la Mecque, Askias se trompe de chemin et ne retrouve plus ses sujets. Il a pu aussi les laisser en revenant de la Mecque.

Embranchement MararabaLa petite ville d'In Gall n'est pas un paradis oublié, c'est une de ces contrées éloignée de presque tout, qui pourtant souhaite comme nous tous vivre et s'épanouir. A travers ce site nous souhaitons participer à son émancipation, mais aussi à la sauvegarde de son identité qui a traversé les 6 derniers siècles.

en Tassawaq, littéralement la "bouche de la maison".

Dans la littérature notamment de Suzanne Bernus on remarque l'étroitesse des portes, exigüe pour limiter les razzias, et faites de lattes de bois. Aujourd'hui essentiellement en tôle ou fût de 200 litres, le fer a pris la place du bois. Elles deviennent un marqueur de l'aisance économique des familles, les plus aisées ornant leurs portes de décoration et l'ancrant dans une armature en ciment. Le plus souvent elles sont automatiques, c'est à dire qu'elles se refement toutes seules gràce à un morceau de chambre à air faisant élastiques, ou tout simplement parce qu'elles sont inclinées. On retouve les même dispositifs pour entrer dans les jardins.

La ville ancienne de Ingall est composé de ruelles étroites ou un véhicule ne peut pas passer. Les concessions sont ainsi étroitement serrées comme si le village voulait se protéger. Elles forment un véritable labyrinthe pour celui qui ne fait que passer. Avant la colonisation, et même durant, les razzias des nomades dans les villages de sédentaires étaient récurrentes. Le village ainsi s'organise dans une unité solidaire, pour limiter les intrusions.

On les trouve à tous les coins de rue, lieu de repos et du thé, ils sont incontournables et délaissés seulement durant les pluies ... Les piquets sont le plus souvent des Tirza, et les nattes ("zana" en Houssa) qui recouvrent le hangar sont tressées avec l'Afazo, deux plantes de la brousse.

Que serait une boutique sans son hangar ? C'est le lieu d'étalage des produits en tout genre protégés du soleil.

La mosquée est très souvent le premier édifice construit pour matérialiser la naissance d'un village, d'une ville. in Gall n'échappe pas à la règle, sa naissance est liée à des Isheriffens qui lorsqu'ils décidérent de s'intaller là, délémitairent la première mosquée. C'est aujourd'hui la "Vieille mosquée" qui par ailleurs trône sur la plus haute butte de la ville.

Man nin kani (signifie "comment ton sommeil" = bonjour)

Les populations sédentaires d'In Gall et de Teggida n'Tessoumt ont un parlé très spécifique, à base Songhay incluant beaucoup de vocabulaire Tamasehq et Arabe, la Tasawaq, parlée par 7 à 8000 locuteurs. C'est une des dix langues nationales du Niger, même si cette dernière est très confinée. Cette langue fait partie d'un groupe de langue, présentes dans la campagne nigérienne, notamment la Tagdalt parlée par les Igdalen (6000 locuteurs), ayant un mode de vie Touareg (semi-nomadisme) au coeur de l'Ighazer. Du coté de Tahoua et Abalak on trouve aussi cette principale variante qui intègre encore plus que la Tasawaq, du vocable Tamasheq, mais aussi d'autres parlés proches comme la Tabarog parlée par les Iberogan, tribus plus ou moins vassales des Igdalen.

Le dictionnaire vous présente un ensemble de vocabulaire (plus de 520 mots) traduits littéralement et rangés par catégorie. La prononciation est une difficulté réelle de compréhension et d'écriture, nous ne nous lancerons pas dans une écriture parfaite (qui d'ailleurs n'existe sans doute pas). Elle est donc très "impressionniste" et se prononce un peu à l'anglaise.

Les salutations

- man nin kani signifie "comment ton sommeil" = bonjour, Man nin hogay signifie "comment ta soirée" = bonsoir. A cela l'on répond Alher'as = la paix est là = ça va.

- comme partout en Afrique les salutations prennent un temps certain, ainsi après le bonjour, c'est toujours, man hougyo = comment va la maison, man assabyo, comment vont les enfants, man farga = comment la fatigue, man touksy = comment la chaleur, etc.

- man i ban a si ni = comment allez-vous ?

- pour la bonne nuit on compose kani alher = dormir en paix.

Compter l'argent

Pour passer de la table des chiffres à celles de l'argent il y a un multiple de 5 ! Ceci provient du fait que lors de l'introduction du Fcfa en Afrique la plupart des populations ont pris comme unité (au sens UN) la plus petite pièce qui était alors 5 Fcfa ; ainsi lorsque vous dite Témédé cela signifie bien 100 pièces de 5 Fcfa soit 500 Fcfa.

"Apprendre Tamacheq", est un livre qui comme son nom l'indique renferme les principes du langage parlé par les Kel Tamacheq ou TouaregCet ouvrage est une ouverture culturelle vers le monde Touareg, il vous donne l’oportunité de comprendre ce peuple par la maîtrise de leur langue. Il comprend des leçons de grammaire, des mots de vocabulaire, les proverbes, les contes mais aussi quelques chansons de musiciens touaregs.

La "tekarakit" en Tamasheq peut se traduire par "pudeur", c'est cette retenue qui fait que l'on ne dit les choses directement et franchement que de manière exceptionnelle. On prendra alors quelques détours pour exprimer son ressentit, c'est le royaume des hyperboles, euphémismes et autres figures de styles.

Ganda n'koubaye inda n'serey | la terre se mélange ou se lie avec son amie | Pour demander la main d'une fille, le prétendant se met sur le chemin du puits. Les filles allant au puits chercher l'eau dans des canaris d'argile, quand elle s'approche duprétendant il dit : Ganda n'koubey n'da n'serey ! Si elle fait chuter son canari, elle consent aux fiançailles.

Littéralement le nom signifie les "Sources salées". La découverte de ses salines est attribuée à une vieille bergère, au temps ou Azelik rayonnait sur les plaines de Ighazer. En faisant paître son troupeau de chèvres près de ce lieu, elle remarqua une terre blanchâtre qu'elle goûta et en garni un coin de son pagne. De retour le soir chez elle, elle en mis dans les plats. Tout le monde apprécia et dès lors l'exploitation du sel aller commencer.

En bordure du Sahara le climat sahélien est aride :

- de mi-juin à mi-septembre s'étend la saison des pluies qui se concentre surtout en juillet et août, la température varie entre 25 et 35°C jour et nuit,
- en octobre et novembre la petite saison chaude s'installe et voit une remontée des températures à 35°C,
- en décembre arrive la saison froide qui durera jusqu'à fin février avec des températures pouvant descendre à 10°C,
- puis c'est la grande saison chaude qui verra certains jours les températures flirtées avec les 50°C de mars à mai.

Du sud au nord de la plaine de l'Ighazer, l'approche du grand Sahara se fait sentir à chaque pas. Au sud les restes des falaises de Tiguidit se font de plus en plus disparates à l'approche de Ingall. Voici le transec le long duquel nous vous présentons les paysages de la plaine de l'Ighazer.

Au premier plan on observe des touffes de Pennisetum hordeoides sur un terrain sableux. Puis viennent des arbustes, Acacia raddiana et Prosopis africana sont les plus répandus ici. La relative abondance du Prosopis nous signale que des habitations ou campements sont tout proche, les graines étant disséminées par les ânes. Le petit arbre est Aborak (Balanites aegyptiaca). Derrière se détache les falaises de Tiguidit, nous sommes ici près du village de Tirgit à l'ouest de Ingall.

La richesse géologique de cette partie du Niger explique que cette région est connue sous deux aspects principaux, l'uranium et la présence de nombreux restes fossiles de dinosauriens, requins et autres crocolidiens.

Les cartes suivantes vous présentent les différentes unités géologiques autour de Ingall :

- au Nord les argiles de l'Eghazer ou Ighazer qui lors de l'hivernage se gorgent d'eau et libèrent une végétation exubérante en bordure du Sahara. Elles sont la cause de la Cure salée, transhumance vers ses pâturages très riches mais temporaires et siège de sources artésiennes salées,

- au Sud les sables de la Tadarast qui fournissent une herbe plutôt maigre mais disponible toute l'année,

- à l'ouest ce sont les plaines de l'Azawagh qui s'étendent jusqu'à Némaka au Mali,

- à l'est d'Agadez se dressent les montagnes de l'Aïr.

Même à proximité du Sahara, la vie ne s'arrête pas aux portes de la ville d'Ingall, les relations avec "la brousse" sont permanentes, et on est toujours surpris de voir quelqu'un au milieu de nul part. En fait, ce n'est nul part que pour le profane ...

En bordure du Sahara l'ensemble de la plaine est pacagée par les troupeaux Peulhs et Touaregs. Ils font quotidiennement de grande distance pour abreuver et nourir leur bétail. Ils déplacent leur campement au grè des pluies et des points d'eau, ainsi il n'est pas rare de voir quelques lieux avec 2 ou 3 cases en banco qui matérialisent un hameau reconnaissable sur une carte. Néanmoins beaucoup de lieux, comme les reliefs marqués, les arbres remarquables ont un nom pour les pasteurs nomades, qu'aucune carte ne recense encore ...

On trouvera également des informations précieuses grâce au travail de AFANE Abdoul kader, Doctorant à l'Institut de Géographie Alpine.

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