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    Avant-hier

    De la naissance du Sahara aux premiers hommes ...venez comprendre la richesse archéologique de cette région.

    Si le Sahara nous apparaît aujourd'hui comme une terre qui de tout temps a été désolée et inhospitalière, il n'en a pas été toujours ainsi dans la grande histoire de la dérive des continents. Avant que cette dernière ne soit arrivée à son stade actuel, le Sahara a connu de grandes évolutions sur des temps géologiques se comptant en millions d'années, et son aridité ne serait issue que de ces derniers millénaires, modelant ainsi le milieu et les peuplements humains, affirmant son caractère majestueux.

    Les populations humaines tout autour de la falaise de Tiguidit connaissent bien leur territoire, elles connaissent chaque kori, chaque pâturage, chaque relief. Elles savaient depuis longtemps qu’à des endroits très particuliers dans des argiles, il y a des ossements géants qu'ils ne reconnaissent pas dans la nature actuelle. Chudeau, un géologue en tournée au sud de Marandet, est le premier en 1907 à identifier ces ossements comme ceux de dinosaures.

    La plaine de l’Ighazer se situe à la limite entre Sahara et Sahel. Tout au nord se dessinent les massifs du Sahara central, Hoggar et Ajjer en particulier, dénommé bouclier Touareg, alors que vers le sud s’ouvrent les plaines herbeuses du Damergou. À l’est le désert du Ténéré, qui appartient au bassin du Lac Tchad, est séparé par la montagne bleue, l’Aïr, dont la partie orientale marque la séparation entre les deux grands bassins hydrographiques du lac Tchad et du fleuve Niger. A l’ouest enfin, s’étendent les plaines de I'Azawagh qui recouvrent le bassin des Ouelleminden.

    La plaine de l’Ighazer se trouve dans l’aire septentrionale du bassin des Ouelleminden, formant le sous bassin sédimentaire de la plaine de l’Ighazer ou bassin du Timersoï, qui est encadré par les premiers contreforts du massif de l’Aïr à l’est, par le massif de l’Ahaggar au nord et par le Ténéré du Tamesna à l’ouest et la vallée de l’Azawagh. Au sud, à partir des falaises de Tiguidit s’étend la Tadarast avec les formations gréseuse du Tegama.

    L'Afrique est le berceau de l'humanité, car on y a retrouvé les plus anciennes traces d'homme, notamment dans le rift d'Afrique de l'est à l'époque quaternaire (Pléistocène). Mais en ce début de XXIè siècle, le berceau se serait déplacé vers le Sahara et le bassin du lac Tchad en particulier avec la découverte de Toumaï. Comme le disait l'Abbé Breuil, "le berceau du monde est à roulette" (cité par Pales 1962), pour signifier que les recherches fourniraient de nouveaux éléments propres à repositionner encore ce berceau.

    Entre le Moustérien-Atérien au débitage Levallois et l’épipaléolithique, une industrie sur lames et lamelles, on observe un hiatus de l’occupation humaine au Sahara (Camps 1974). C’est pour le bassin du Lac Tchad le désert Kanémien, l’Ogolien pour l’Afrique occidentale, l’Ighazer se trouvant à l’interface de ces deux espaces temps climatiques, mais n’échappant pas pour autant à son aridité. Les populations se sont alors réfugiées sur les marges méridionales et septentrionales de ce désert, autour de la vallée du Nil, auprès des mares ou des lacs persistants et dans des climats plus cléments en altitude. Le Kanémien s’achèvera par une première phase « humide » datée de 13 000 à 12 500 BP. L'aridité est ensuite revenue durant environ 2 millénaires, entrecoupée par quelques brèves phases humides (Maley 2004).

    Le Néolithique débute il y a 10 000 ans, et se traduit notamment par le début de la sédentarisation des populations, qui s'accompagne en général de la domestication des animaux et des plantes, ainsi que de la fabrication de poteries destinées à des usages domestiques. Mais cette définition du néolithique est à géométrie très variable selon les auteurs et les situations géographiques, comme en témoigne l'Histoire générale de l'Afrique publiée par l'Unesco en avril 1980, où presque chaque auteur à sa définition propre (Cornevin 1982). Si le processus de Néolithisation diffère d’une région à l’autre ou d’un groupement humain à l’autre, il faut bien se dire que les recherches différentielles ne facilitent pas toujours la compréhension globale des systèmes. Deux courants de pensée prédominent, l’un donnant la primauté à la culture matérielle, l’autre à l’ensemble des activités économiques (Huysecom 2020).

    Au Sahara, l’art rupestre peut se subdiviser en différents groupes ou styles, néanmoins il ne faut pas voir ces styles se suivre les uns à la suite des autres, mais les imaginer fluctuants dans le temps et l'espace et pouvant même cohabiter. La difficulté de datation de ces gravures et peintures ne peut qu'inciter à beaucoup de prudence pour une chronologie des différents styles sahariens, mais les recherches de ces deux dernières décennies permettent de poser des jalons très appréciables.

    Les monuments et nécropoles funéraires regroupent toutes les structures funéraires en pierre sèche ou en terre ayant servi de sépultures et contenant en sus des ossements, un mobilier funéraire ou tout autre objet lié aux rites d’inhumation. En Aïr et Ighazer, le mobilier funéraire est très peu présent, la sépulture contient le plus souvent un corps humain, mais on doit noter dans notre zone de travail que les premiers être inhumés sous des structures lithiques furent plus sûrement des bovins comme à Adrar Bous (Le Quellec 2014).

    L'industrie métallique va matérialiser l'entrée de la plaine de l'Ighazer dans l'Histoire. Néanmoins, ce passage s'étalera sur près de 2 millénaires, car les débuts de la métallurgie n'éteindront pas l'usage des outils lithiques aussi facilement. On peut même dire que ces nouvelles technologies ne changeront pas le quotidien des populations vers un mode de vie de plus en plus nomade, mais sans doute aussi de plus en plus hiérarchisé. Les métaux ont d’abord été transformé pour des petits objets de parures, de prestige voir de symbole de pouvoir pour afficher une position sociale, plutôt que des objets utilitaires destinés aux activités productives (Holl 2020). Cette période marque également le renforcement de l’influence saharienne et protoberbères sur la région de l’Ighazer, même si dans les montagnes de l'Aïr des "réfugiés climatiques" ont pu se maintenir encore quelques siècles non sans faire évoluer leur mode de vie.

    Gobero (7700-6200 BE)

    Le site de Gobero repose sur une paléodune qui fut récemment accumulée sur la période aride précédent le grand humide de 14000 à 8000 BE. On y trouve des sépultures dans un cimetière avec des hommes et des femmes de grande taille voisinant 2 mètres. Ce seraient des populations apparentées aux Mechtoïdes de l'holocène moyen du Mali et de la Mauritanie, mais aussi apparentées aux Ibéromaurusiens du Pléistocène, ainsi qu’aux Capsien du Maghreb du début de l'holocène, ce qui fait dire à Sereno que nous sommes en fasse d’un assemblage transsaharien ! (Sereno et al. 2008). Cet assemblage dénote une mobilité des néolithiques bien plus importante que de simples contacts de proche en proche et/ou une mixité des populations qui se fait de gré ou de force.

    A partir de 3500 BE, dans un contexte d’aridité croissante, les zones sahariennes sont progressivement abandonnées par les pasteurs pour d'autres régions plus au sud, désormais propices à l'élevage (Ozainne et al. 2014). La mouche tsé-tsé recule et ouvre ainsi les plaines sahéliennes aux pasteurs nomades. Les données actuelles dressant l’arbre phylogénétique du Pennisetum (aujourd’hui rattachée au genre Cenchrus) font remonter au IVè millénaire les premières opérations agricoles menées sur cette graminée, quelque part au nord de la boucle du Niger.

    Entre 3000 et 2500 BE, des pasteurs issus de plusieurs sphères culturelles distinctes, mais partageant visiblement des origines communes dans le Sahara central, atteignent les zones sub-sahariennes comme la boucle du Niger ou le lac Tchad. Après son émergence à la frange sud du Sahara vers 2500 BE, la culture du millet perlé (Pennisetum glaucum) se répand rapidement dans toute l'Afrique de l'Ouest entre 2000 et 1000 BE. Les débuts de l’agriculture en Ighazer peuvent être abordés au regard des pôles de production anciens que sont la boucle du Niger et le Fezzan.

    L’épopée garamante peut se définir en deux périodes. La première durant le premier millénaire avant notre ère qui fonde l’entité garamantique en elle-même. Au cours de cette période, les garamantes feront une tumultueuse connaissance avec l’empire Romain. La seconde période commencera avec notre ère et sera une période faste commercialement aux côtés de l’empire Romain, jouant un rôle de plaque tournante du commerce transsaharien, avant le déclin du plus ancien des états sahariens et la dispersion des garamantes qui précédera l’arrivée de l’Islam.

    Le nom même des Garamantes signifierait « les gens des maisons ». La racine arhrham, « maison, construction », est une racine pan-berbère. Les nombreuses ruines de l'oued El-Agial témoignent en faveur de cette hypothèse. Il semble donc que les garamantes aient été principalement des oasiens agriculteurs sédentaires, vivant dans d'importants établissements permanents et complexes de bâtiments en briques crues. Cela ne veut pas dire que les garamantes n'ont pas également intégré des éléments pastoraux (Mattingly et al. 2019).

    Les gétules vont occuper une place tout aussi importante que les garamantes dans l’histoire des populations de l’Ighazer. Gabriel Camps en fera des Sanhadja (Camps 1987) dont certaines factions, comme les Messufa, seront à l’origine du premier royaume de notre plaine. Les gétules sont des populations qui sont disséminées depuis la Syrte-Tripolitaine jusqu’aux rivages de l’atlantique sur une bande géographiquement hétérogène. Ils y occupent le plus souvent les hauts plateaux peu arrosés par un climat pré-désertique, restant pour une partie très en marge des autres populations notamment la Numidie et la Maurétanie (Desanges 1998). Le territoire gétules englobait une partie du désert saharien, la lisière nord du Sahara (Gsell cité par (Gascou 1970), c’est bien entendu cette frange méridionale de la Gétulie qui nous intéresse et particulièrement sa partie occidentale.

    Les dinosaures de l'Ighazer

    jobaria

    afrovenator

    suchomimus

    ouranosaurus

    nigersaurus

    sarcosuchus

    nigerpeton

    saharastega

    jobaria afrovenator suchomimus ouranosaurus
    Jobaria tiguidensis
    Afrovenator abakensis
    Suchomimus tenerensis
    Ouranosaurus nigeriensis
    Nigersaurus taqueti
    Sarcosuchus imperator
    Nigerpeton ricqlesi
    Saharastega moradiensis
    Carcharodontosaurus saharicus
    Baharijasaurus ingens
    Elaphrosaurus iguidiensis
    Aegyptosaurus baharijensis