Inventaire archéologique satellitaire de la plaine de l'Ighazer (Niger)

A partir des images satellites, inventaire de l'ensemble des éléments archéologiques de la plaine de l'Ighazer et de l'Aïr, monuments funéraires néolithiques et pré-islamiques, constructions médiévales ou historiques de l'Ayar.
L'Atlas de l'Ighazer c'est déjà plus de 100 cartes.

Atlas archéologique

atlas

Cette contribution est le fruit d'une prospection de près de 3 années et sûrement quelques centaines d’heures, si pas plus, d’arpentage d’images satellitaires.

Cet atlas est numéroté en version, ce qui signifie qu'il est appelé à être mis à jour, au grès de l'avancement de ces travaux. Par ailleurs les bases de données des monuments sont publiées selon les termes de la licence de ce même document, permettant ainsi à tout chercheur de produire, à partir de ces données, des recherches sur cette zone du Nord Niger.

La version 3.0 marque une étape importante de cet inventaire puisque, outre la vision de plus en plus complète de la zone d’étude, certaines hypothèses sont émises le plus souvent à la suite de travaux statistiques ou géographiques que l’on retrouvera dans les « notes thématiques ». Il n’en demeure pas moins une nécessité de partager ces données et informations afin de recueillir des avis et propositions ou contre-propositions, permettant des tentatives de reconstitution de l’histoire, couvrant une période allant du néolithique au moyen âge et même sur des éléments archéologiques contemporains de la plaine de l’Ighazer.

Atlas archéologique.pdf (Maj : décembre 2018)  Carte dynamique des monuments funéraires (Maj : août 2018)  Carte dynamique du PAU (Maj : août 2018)

L’Atlas est complété par des « notes thématiques », actuellement basées sur la typologie des éléments archéologiques inventoriés, ainsi que les données brutes disponibles pour tous chercheurs amateurs ou professionnels.


quadrangulaires

2478 monuments composent la table des données. Près des 2/3 des monuments sont concentrés sur les zones de piémont et de montagne. L’Ighazer est la zone avec la plus faible densité si l’on excepte la Tamesna totalement dépourvue de ce type de monuments. Dans la zone Piémont la densité est 6 fois plus grande que dans l’Ighazer, à 7 monuments par km².

les monuments quadrangulaires    Maj : juin 2019

qgis format .csv .shp    Maj : juin 2019

assode

L’abandon de la ville d'Assodé et d’un type d’habitat en pierre s’est produit au début du 20è siècle, et la défaite de Kaocen en 1917 en marque la fin historique sous les coups de boutoirs des colons français qui ne laissèrent aucuns abris aux rebelles Touareg en fuite.

Les sites contemporains à Assodé   Maj : janvier 2020

catalogue des bâtiments complexes Maj : janvier 2020

qgis format .csv .shp     Maj : janvier 2020

pau

Dans le cadre de l’inventaire archéologique de la plaine de l’Ighazer, il est intéressant d’abonder la base de données des sites archéologiques identifiés dans les années 80 par le PAU. A la différence des données satellitaires, ce sont ici 322 sites identifiées à l’issue d’une prospection de terrain.

Les sites du PAU  Maj : juillet 2017

qgis format .csv .shp     Maj : juillet 2017

Carte dynamique

alignement

3 173 monuments sont inventoriés, plus de la moitié (52%) sont situés en zone Piémont, entre Aïr et Ighazer. La zone Tadarast est également bien pourvue de ce type de monuments funéraires avec 26 % des monuments le long des falaises de Tiguidit. L’Ighazer accueille peu de monuments, la plupart concentrés sur des points hauts. En Aïr, ils se concentrent sur la partie ouest proche Piémont.

les monuments à alignement    Maj : octobre 2020

qgis format .csv .gpkg     Maj : octobre 2020

croissant

On dénombre 1336 monuments en croissant. Le type ‘P’ avec 794 monuments est de loin le plus abondant (59%) mais recèle quand même une forte variabilité. Ensuite ce sont les types ‘F’ qui sont bien représentés avec 236 monuments (17%).

les monuments en croissant    Maj : juin 2018

qgis format .csv .shp     Maj : juillet 2018

catalogue    Maj : juin 2018

Ayar en danger

En reprenant les cartes établies dans divers travaux de recherche des 40 dernières années à travers leur géo-référencement sur les images satellites actuelles, on constate que les sites archéologiques médiévaux de l’Aïr et de l’Ighazer sont tous sous pression anthropique et/ou environnementale et pour certains, la fin de toutes études scientifiques ultérieures est très proches.

les sites médiévaux en danger    Maj : juin 2018

qgis les cartes     Maj : juin 2018

mosqueesLes études autour du PAU ont montré que les mosquées de l’Ighazer et de l’Aïr pouvaient appartenir à une école architecturale locale, spécificité régionale qui aurait subit une double influence, de l’ouest avec le venue de lettrés de l’Islam, et probablement aussi du nord directement de la région du M’zab comme peuvent en témoigner les minarets.

les mosquées de l'Alyar    Maj : novembre 2018

le catalogue    Maj : janvier 2020

qgis format .gpk .csv     Maj : novembre 2018

Près du village de Tigerwitt on peut dénombrer un ensemble de tumulus qui comptent parmi les plus imposants de la plaine de l'Ighazer, jusqu'à 36 mètres de diamètre. A y regarder de plus près, il semble s'agir de tertres recouverts d'une couche de pierre. Ils ressortent dans le paysage locale car surnagent au dessus d'une couche sableuse ou viennent pousser l'Afazo (Panicum turgidum) et l'Alemoz (Panicum sp.). La plupart d'entre eux sont nichés au pied d'une terrasse, mais leurs sommets dépassent cette terrasse, ils épousent ainsi la géomorphologie locale. Les pierres qui recouvrent ces tertres proviennent de la couche d'argile rouge locale et au vu du peu de quantité de pierre de taille correcte que l'on trouve dans la zone, il semble qu'elles soient venues ici par un travail conséquent, ou peut-être sont-ce les pierres de fouille de la sépulture qui ont été reprises. Le sommet de ces tertres est plat et semble à chaque fois délimité une forme circulaire laissée sciement vide de pierres où seule une couche argilo-sableuse apparaît.

En 2005, quittant Fachi au coeur du Ténéré pour rejoindre Agadez, la petite caravane de sept motards évite l'arbre du Ténéré pour passer plus au sud entre l'Aïr et les falaises de Tiguidit. Philippe Laborie qui ouvrait la route, remarque une silhouette détonnante dans ce paysage où il n'y a guère âmes qui y vivent. S'en rapprochant, ils tombent sur un ensemble de monolithes atypiques dans cette région de l'Aïr. Le paysage est ténéréen, un sable léger, quelques dunes deçi de là, un horizon d'une grandiose monotonie. Atypique car on n'en retrouve pas de semblable dans la région, les plus proches assez similaires pouvant être ceux de Tondidarou au Mali que certains rapprochent d'un autre site majeur en Afrique de l'est recelant plus de 10 000 monolithes dans la province de Sidamo au sud de l'Ethiopie. Leur point commun, qui n'en fait pas une liaison certaine, est la forme phallique de ces monolithes que l'on retrouve en partie à Tondidarou et qui vénère le culte de le virilité et de la fécondité.