Chroniques d'un désert annoncé

Azelik est le lieu d'une ville historique de la sous région sur la voie des transahariennes liant le Fouta-Jalon à l'Egypte. Lieu également d'exploitation ancestrale du cuivre et plus récemment du sel des sources salines de Teggida n'Tessoumt, ce sera dorénavant l'uranium qui alimentera les fantasmes avec son lot de chinoiseries ...

L'exploitation de ce minerai stratégique vient de débuter dans la région soumise à une course effrénée de la part des puissances développées en quête de nouveaux pillages en Afrique. Elles bousculent tout sur leur passage (ce n'est pas nouveau) et ne se soucis guère de la matière organique, les plantes les animaux et les hommes vivant sur ces terres, car seul le minerai précieux les intéresse. On croirait au premier abord qu'il n'y a d'ailleurs que des machines qui travaillent, tellement les hommes sont petits à coté d'elles ...

Ainsi Azelik se prend à rêver et retrouver un temps sa splendeur passée, qui risque bien d'être éphémère ... De nouveaux des constructions poussent, de deux types, l'une plutôt traditionnelle en banco avec une porte voire une fenêtre aussi, disposée aux aléas de l'urbanisme local ... l'autre en dur et démesurément grande entourée de mur, surplombée de tôle et surtout bien rangée que cela ne donne pas envie d'y entrer, ce sont bien entendu les concessions chinoises ou logent les ouvriers.

Nous ne sommes que passé rapidement à Azelik et n'avons pas vue d'ombre chinoise ! sans doute déjà au fond des mines ? ce qui est sur, et même si les concessions nigériennes accueillent en principe du monde, le nombre de personnes qui occuperaient ces logements miniers est plus élevé que les habitants locaux !?

Tiens un camion de l'eau de Rharous vient de passer abreuver les ouvriers ... et dire qu'a Teggida n'Tessoumt il n'y a pas d'eau douce ! Maintenant Azelik est desservi par une latérite toute neuve qui fait beaucoup parler d'elle, et notamment les excavations creusées pour retirer l'argile de sa construction. Pendant l'hivernage elles se remplissent d'eau et nombre d'animaux s'y sont déjà noyés, un père et son enfant aussi.

Autre chinoiserie, le sultan d'Agadez a été obligé d'interdire l'égorgement des ânes, certes moins chers que les moutons, mais sûrement pas dans les moeurs locaux ...
 

Depuis des millénaires les populations nomades du Néolithique fréquentaient l’immense plaine de l’Irhazer où elles faisaient pâturer leurs animaux le long des parcours jalonnés de point d’eau. Après l’épopée libyco-berbère des Garamantes, ce sont les Touaregs, les Peulhs et plus tardivement les tribus arabes Kounta qui se déplacent dans cette immensité où ils trouvent et gèrent traditionnellement les ressources.

Nécessaires à l’économie pastorale

Les puits et les sources qui captent l’aquifère des grèsd’Agadez servent de points d’abreuvement pour leurs troupeaux. Pour les animaux de l’ensemble du Niger, cette région est très importante. Chaque année, après l’hivernage, ils font des milliers de kilomètres, depuis le sud, pour venir brouter l’herbe nouvelle et boire l’eau chargée de natron. Ce régime alimentaire et cette transhumance structurelle sont tout à fait bénéfiques pour la santé de l’animal et son engraissement. Ce moment annuel d’échanges culturels et de fêtes dure deux à trois mois et rassemble les 2/3 du cheptel nigérien : c’est la cure salée.

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Les contraintes du milieu

L’aquifère des grès d’Agadez, seule ressource en eau de la région, est fossile. Les datations au carbone 14 de ses eaux (1) révèlent que la dernière recharge s’est déroulée au cours du dernier humide néolithique il y a 3000 ans environ, à la fin de l’époque paléoclimatique du Nigéro-tchadien. Depuis, le réservoir se vide inexorablement et d’autant plus rapidement que la ressource est de plus en plus fortement sollicitée par l’octroi anomique de concessions minières.
Jusqu’alors, la ville d’Agadez pompait ses besoins dans la nappe contiguë de l’oued Téloua qui bon an mal an se rechargeait annuellement avec les pluies de mousson. Ce choix correspondait à une démarche éthique en hydrogéologie : n’utiliser les eaux fossiles qu’en dernière extrémité. Mais avec l’accroissement démographique (150 000 habitants) et surtout à cause du changement climatique, la ressource renouvelable est devenue insuffisante.

Depuis 2006, la ville a été contrainte de déplacer son approvisionnement en eau de 35 km vers l’Ouest et de puiser 8000 m3 par jour dans l’aquifère des grés d’Agadez. 

La surenchère du pillage

Sous l’ère du général/président Kountché, début 1970, se mettait en place un projet d’hydraulique pastorale dans la plaine de l’Irhazer : soit une vingtaine de forages dans la zone artésienne de l’aquifère. Mais des négligences, l’absence de suivi et d’entretien des infrastructures ont provoqué la ruine des équipements et la fuite annuelle de plus de 1,5 millions de m3 d’eau qui se perdent par évaporation.
Malheureusement, cette région regorge d’uranium et par la suite vinrent les projets miniers dont le comportement se résume à « prendre et partir ». De plus le pillage anomique de la ressource minière (charbon et uranium) s’accompagne de celui de la ressource en eau au détriment du développement durable notamment touristique et pastoral, car la ressource n’est pas renouvelable.

Ce sont par exemple :

- 10.000 m3/j qui sont prélevés à Rharous, depuis 1980, pour les mines de charbon et la ville de Tchirozérine,
- 20.000 m3/j, prévus par la COGEMA, pour la nouvelle exploitation uranifère d’AREVA à Imouraren,
- 4000 m3/j pour la mine d’uranium d’Azelik qui est maintenant en début d’exploitation par une compagnie chinoise.

De plus, les sociétés COMINAK et SOMAÏR respectivement dans les villes d’Akokan et d’Arlit ont déjà épuisé à 70% l’aquifère carbonifère plus au nord du Tarat, à raison de 22 000 m3/j depuis 38 ans. Maintenant elles manquent de ressources en eau et elles envisagent d’utiliser un pipe line de 30 km et de déplacer leurs pompages vers l’ouest c'est-à-dire…. dans la
nappe des grès d’Agadez !

Les permis de recherche et d'exploitation d'uranium récemment délivrés par le ministère de l’Energie et des Mines de Niamey vont également contribuer à des ponctions irréversibles. Le pillage risque de s’accentuer. A la fin de la décennie 70, une étude du BDPA identifiait la possibilité d’irriguer 38 000 hectares dans la plaine de l’Irhazer. Ce nouveau pactole a excité les convoitises géopolitiques du guide suprême M. Kadafi qui proposait récemment de financer la mise en valeur céréalière de la plaine à l’aide d’une quantité phénoménale d’eau naturellement puisée dans la nappe des grès d’Agadez. Mais ceci fait fi des facteurs pédologiques et climatiques propres à la région : les sols sont ici riches en natron (bicarbonate de sodium), l’eau est bicarbonatée sodique et de plus, l’évaporation est extrêmement forte. Tout ceci risque de déboucher sur une augmentation de la salinité des sols et de leur dégradation. 

Une gestion surprenante

Pourtant, depuis longtemps il y avait lieu de s’inquiéter de l’avenir de la région. Dans son rapport de 1990 « Etude prévisionnelle d’exploitation de la nappe des grès d’Agadez par modèle mathématique », le projet NER/86/00 du PNUD et du ministère de l’Hydraulique et de l’Environnement du Niger, s’alarmait des conséquences irréversibles, sur la nappe, des prélèvements prévus sur le court et moyen terme.
La gestion quantitative de l’eau n’est pas vraiment une préoccupation des sociétés et des autorités publiques du Niger. Dans une région où l’eau est rare, un comportement éthique consisterait à l’économiser pour les générations futures. Or, en instaurant la gratuité de l’eau pour les résidents des villes minières, les responsables miniers ont provoqué une surconsommation inutile et irresponsable. La gabegie est telle qu’un habitant prélève en moyenne 500 litres par jour soit 5 fois la consommation d’un européen.

Mais ces sociétés ne s’intéressent guère plus à la qualité des eaux. A Arlit, à Akokan comme à Tchirozérine, les eaux dites potables sont probablement contaminées par les nitrates résultants des tirs de mine qui utilisent la nitroglycérine et le nitrate d’ammonium comme explosif. Par ailleurs, par mesure d’économie, les eaux usées des égouts sont directement utilisées pour l’irrigation et la typhoïde est devenue endémique dans la région. 

Quel avenir ?

Avec un prélèvement actuel de 25 millions m3 par an (mais non exhaustif compte tenu de l’accélération de la délivrance des permis d’exploitation de l’uranium, du futur projet des salines de Tédikelt, des projets pharaoniques d’irrigation…), on peut s’attendre au dénoyage complet de la partie ouest de l’aquifère et à la chute drastique du niveau piézométrique du coté oriental.
Les points constitutifs du réseau d’abreuvement du bétail pastoral puits et sources (cure salée) seront asséchés et les éleveurs privés d’eau. Le tarissement général privera les villages de tout approvisionnement. De plus à l’ouest et vers le sud à In Gall, des dépôts importants de chlorure de sodium du Jurassique risquent de se déverser dans la nappe d’eau douce par inversion de gradient.
Mais les compagnies minières ne s’inquiètent pas de cette catastrophe annoncée car les gisements d’uranium auront été également épuisés et la région ne présentera plus d’intérêt pour elles et leurs actionnaires. Leur départ sonnera le glas du développement, la fin de l’économie pastorale (qui est la deuxième du pays, soit 11% du PIB) et celle du tourisme : deux des savoir-faire autochtones. Si les pouvoirs publics nigériens ne réagissent pas rapidement, dans un avenir proche, la ville d’Agadez, capitale et sultanat de l’Aïr, sera désertée par manque d’eau et toute forme de développement humain et touristique abandonnée.

Curator emeritus

Article extrait de La malédiction de l'uranium - Le Nord-Niger victime de ses richesses - Tchinaghen Editions - 2008

(1) Analyses effectuées par l’AIEA de Vienne

Colloque : espace sahélo saharien

saharadangerLe programme « Nouveaux enjeux dans l'espace saharo-sahélien » (NESS), sous la responsabilité d'André Bourgeot, a tenu deux journées d'études (JE NESS) les 13 et 14 décembre 2011 dans les locaux du « France » (salle 640). Elles ont été consacrées à « Sahara de tous les enjeux. Géopolitique, sécurité et développement ».Elles ont été régulièrement fréquenté par 70 à 80 participants.

Quatre grands thèmes ont présidé  à leur organisation :

- L'état des États et pouvoirs émergents

- Ressources extractives, compétition et trafics illicites

- Migrations, terrorisme

- La guerre civile en Libye et les conséquences régionales de l'effondrement du régime

Ces quatre grands thèmes ont fait l'objet de vingt communications.

La conception qui a présidé à l'organisation se fonde d'une part sur la  pluridisciplinarité (politologues, anthropologues, géographes, historiens, sociologues et « développeurs ») nécessaire à la compréhension de la complexité des réalités et des activités nouvelles qui occupent l'espace saharo-sahélien. D'autre part, ces intervenants relèvent d'organismes, d'instituions scientifiques diverses (CNRS, EHESS, IFRI, Universités) et de pays différents (France, Allemagne, Italie, Mali,  Niger, Tunisie, Mauritanie) d'où son caractère international.

saharalemondeLa plupart de ces intervenants appartiennent à une classe d'âge relativement jeune. Il importe de mentionner que les thèmes appréhendés sont, dans le milieu universitaire, nouveaux : ils n'ont pas encore fait l'objet de thèses. Ces thèmes sont connus et traités par des chercheurs appartenant à d'autres ministères plus spécialisés, que ceux de l'enseignement supérieur et de la recherche , à travers de démarches et des problématiques qui leur sont propres, mais pas toujours en adéquation avec les conceptions qui prévalent au sein des universités.

Les exposés ont montré qu'avec des nuances liées à des spécificités politico-historiques, les États concernés sont « fragiles », évoluant au sein de frontières poreuses à l'intérieur desquelles les souverainetés nationales sont quelque fois inexistantes ou fort ténues. Des processus de maillage et de découpage du territoire national, génèrent des formes d'ethno territorialisation induits par les conditions d'acheminement et de contrôle de drogues illicites (cannabis et cocaïne) ou de sanctuarisation qui s'inscrit dans l'occupation  régulière humaine et armée de « territoires » djihadistes (Aqmi dans le Timétrine malien).

Les industries extractives font l'objet de compétition  importantes entre les grandes multinationales françaises (Areva, Total), algériennes (Sonatrach-Sipex) notamment au Mali dans le « triangle de l'or noir » de Taoudéni, à cheval sur la Mauritanie, le Mali et l'Algérie, et, pour les dernières arrivées, les sociétés chinoises (la CNPC au Niger dans le pétrole et l'uranium pour le site d'Azelik).

Lire la suite sur Fondation Maison des sciences de l'homme (FMSH) - Programme du Colloque - Résumé des interventions

Uranium et dinosaures

Jobaria

Tout commence avec la défaite de la première révolte anticoloniale sénoussite du début du 20ème siècle. 

Kaocen, alors chef rebelle targui du nord du Niger, s’enfuit du sultanat d’Agadez laissant le champ libre aux prospecteurs miniers qui sont à la recherche de matières premières afin de satisfaire la demande européenne du début de l’ère industrielle. Ces prospecteurs découvrent, dans la région d’Agadez, l’uranium, mais également une autre ressource naturelle : les gisements de dinosaures du Jurassique et du Crétacé. 

Plus tard, dans les années 60, les géologues de la ville minière d’Arlit, étonnés par l’importance de l’ossuaire, invitent le paléontologue Ph. Taquet du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris, à venir échantillonner les sites. Ph. Taquet exhume un squelette d’iguanodon (Ouranosaurus nigeriensis) et a l’élégance de le laisser au Niger et d’en faire profiter les visiteurs du musée de Niamey.

Conséquemment, le grand public est informé de l’importance des gisements et la démesure s’installe. Les sites sont régulièrement pillés par des collectionneurs amateurs, des affairistes aventuriers, des scientifiques sans vergogne … Les  weekends les cadres des villes minières viennent s’y amuser en famille. Des expéditions en 4x4 sont organisées depuis l’Italie sous l’étiquette fallacieuse de "scientifique". Pour mettre fin à l’avidité profanatrice, le colonel Kountché, alors président du Niger, fait interdire l’accès des gisements. Pendant 25 ans (1969-1993) les dinosaures reposèrent en paix.

Mais tout redémarre en 1993 avec la déréglementation. Le "n’importe quoi" devient négociable et à la suite des chimères du Paris-Dakar, on ouvre à nouveau la chasse aux dinosaures. Depuis,  des artéfacts de la Préhistoire et des moignons de dinosaures sont vendus à l’étal à Agadez, à  Niamey et même dans l’enceinte de l’aéroport international.

Pensant contrôler la migration des dinosaures, l’Institut de Recherche des Sciences Humaines (IRSH) met en place des textes législatifs limitant la recherche et l’exportation des squelettes à des accords préalables délivrés par l’IRSH. Peine perdue, ceci ne permet pas de colmater les fuites pour autant. En 2006, Ulrich Joger, professeur au musée du Braunschweig en Allemagne, découvrait un Jobaria et obtenait l’aval de l’IRSH pour l’exporter. Mais de retour sur le site, l’animal avait disparu. Se trouve-t-il à la foire annuelle du dinosaure de Tucson (Arizona) où des dizaines de tonnes de fossiles sont négociées chaque année…? Une enquête est ouverte.

De plus, le contrôle monopolistique de l'IRSH, produit des effets pervers car il écarte et méprise les habitants de la région. En pleine deuxième rébellion touareg (1991-1995), Paul Séréno (surnommé Indiana Bones par ses pairs) de l’université de Chicago enlève plusieurs tonnes d’ossements malgré les protestations véhémentes des touareg d’In Gall. L’année suivante, mais avec la bénédiction officielle de l’IRSH et protégé du mécontentement des populations autochtones par un onéreux dispositif militaire, il récidive  en embarquant le premier Jobaria tiguidensis de l’Histoire, une espèce nouvelle en complète connexion anatomique. Cette pièce, unique au monde, fait maintenant la réputation du musée paléontologique de…Chicago ! Les habitants d’Agadez en reste pantois …

Depuis, les fuites deviennent hémorragiques. Les activités néocoloniales d’Indiana sont déclarées "confidentielles". Tel un ectoplasme, il laisse des traces à Gadoufawa, on suppute sa présence dans le Téfidet mais d’autres le soupçonnent au puits de Mazalet. Il est nulle part mais surtout partout … les dinosaures se soulèvent à son passage !

Entre temps, Chicago s’enrichit de Carcharodontosaurus iguidensis, Nigersaurus taqueti (sans doute pour s’attirer les bonnes grâces du professeur éponyme), Rebbachisaurus tamesnensis, Sarcosuchus imperator, Afrovenator  abakensis,  Suchomimus tenerensis… La troisième rébellion targuie (2007… ?) n’arrête pas Indiana pour autant. Malgré les démarches d’indignation des maires touareg des localités d’Aderbissinat, Tchirozérine, Tabelot, In Gall…, il embarque Kryptos palaios et Eocarcharia dinops.

Pourtant, dans un premier article d’investigation, (EUREKA n° 65, mars 2001), le journaliste Pedro Lima avait tenté d’alerter la communauté  des exactions commises par des scientifiques sans conscience. Il recueille les témoignages inquiets d’élus locaux, comme Mohamed Echeka, qui tente de préserver cette richesse de la spoliation et du retour d’Indiana Bones.

La machine s’emballe. En Allemagne, le professeur Ulrich Joger hérite de plusieurs spécimens et en Espagne le musée d’Helche entre également en compétition.

Ces fossiles sont tous des monotypes c'est-à-dire d’une grande valeur scientifique et muséologique. Des centaines de chercheurs, et des millions de visiteurs viennent les voir au musée de Chicago. Des reproductions en résine sont vendues à d’autres musées et à des parcs d’attraction du monde entier, des thèses sont soutenues, …

Tout ceci est très lucratif et génère le soutien financier de National Geographic, des articles scientifiques et de vulgarisation, des crédits de recherches, des voyages et symposiums… dont sont totalement exclus les nigériens mis à part l’historien Boubé Gado bien qu’il ne soit pas paléontologue. Malgré cela, ce dernier avec la bénédiction intéressée d'Indiana Bones, s’adoube "spécialiste des dinosaures". Son génie éclipse toutes les tentatives de mettre en place un véritable corpus national de paléontologues et de muséologues qui auraient pu enfin faire profiter le Niger de retombées financières et intellectuelles.

Pourtant, les hommes de bonne volonté et les initiatives ne manquent pas. Les géologues de l’université de Niamey qui ont vocation en la matière, voient d’un mauvais œil ce monopole. Ils souhaitent un véritable partenariat multilatéral, des bourses de doctorat, un plan de développement pour mieux maîtriser le patrimoine et son avenir national... Les tentatives, auprès de l’UNESCO de faire classer "patrimoine de l’humanité" les gisements de dinosaures n’ont pas abouti. Alors que de très nombreux collectionneurs repentis sont prêts à restituer au Niger le contenu de leurs tiroirs dans le cadre d’une muséologie responsable, le projet de musée archéologique et paléontologique d’Agadez est resté  dans les cartons.

Malgré tout ces blocages institutionnels, une "Association pour la Protection du Patrimoine Paléontologique du Niger" (APPPN) est crée en 1996 par le géologue d’In Gall Ahmed Alghous et le logisticien Aghali Bazo. Avec l’aide de Suji Sato, un géologue minier japonais spécialiste de la région, l’APPPN tente pendant trois ans de limiter les dégâts dans la plaine de l’Irhazer en créant un écomusée. Elle sensibilise les populations à la préservation, organise avec les agences touristiques des visites respectueuses et jette les bases d’un petit musée local.  Mais privée du soutien des autorités administrative et avec la diabolisation politique du nord-Niger, le projet s’essouffle,  l’association est désormais dissoute.

Science sans conscience n'est ici que sous développement. Le néocolonialisme scientifique est en train de vider la région du nord-Niger de ses richesses préhistoriques et paléontologiques au détriment du développement touristique, de l’emploi des jeunes, des compétences locales et des populations autochtones qui sont systématiquement écartées des décisions prises à Niamey… Dés lors, Il ne faut pas s’étonner du mécontentement général et des actes de rébellion targuie qui perdurent depuis un siècle.

Mettre en avant le prétexte de la "Connaissance Scientifique" en soi, n’est pas valide et s’apparente à de l’impérialisme scientifique si les populations autochtones  ne sont pas associées aux processus d'acquisition des connaissances et d’exploitation de la ressource. Jusqu’alors, cette dernière n’a profité qu’aux musées et universitaires occidentaux, alors que Niamey n'hérite que de pâles copies en plastique. Il est temps que les populations du nord-Niger  reprennent leurs droits lors de la  mise en place d’un partenariat équitable qui viserait entre autre l'occupation  salvatrice et résiliente des jeunes touareg au travers de l’écotourisme. Ceci irait dans le sens de l'esprit de la "chaire  de géosciences" créée en 1998 par l'UNESCO, à l'université Abdou Moumouni de Niamey, dont les objectifs sont la mise en valeur des ressources naturelles et la préservation de l'environnement.

Un moratoire sur l’octroi des permis de recherches et d’extractions des dinosaures doit être prononcé. L’Etat du Niger doit élaborer une politique volontaire et un plan d’action pour un développement endogène qui visent  à préserver les intérêts du pays, l'emploi des jeunes et à promouvoir un développement crédible.

Curator emeritus

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il fallait s'en douter

Alors que nous indiquions que la carte d’implantation d’AQMI (Al Qaïda au Maghreb islamique) au Sahel ressemblait « étrangement » à celle de l’implantation des ressources pétrolières de la région, « Le Canard Enchaîné » nous révèle l’activisme diplomatique du Qatar en faveur des islamistes et son implication dans le financement des mouvements armés notamment au nord du Mali.

Selon l’hebdomadaire satirique, l’émir du Qatar aurait aidé financièrement les mouvements armés qui ont pris le contrôle du Nord du Mali. Parmi ces groupes figurent notamment le fameux Mujao, lequel retient en otage 7 diplomates algériens depuis le 5 avril dernier.

Dans un article intitulé « Notre ami du Qatar finance les islamistes du Mali », le Canard Enchaîné précise que la Direction du renseignement militaire (DRM), qui relève du chef d’état-major des armées françaises, a recueilli des renseignements selon lesquels « les insurgés du MNLA (indépendantistes et laïcs), les mouvements Ansar Dine, Aqmi et Mujao (djihad en Afrique de l’Ouest) ont reçu une aide en dollars du Qatar ».

Le fin mot de l’histoire : l’impétueux volatile révèle que le Qatar aurait « des visées » sur les richesses des sous-sols du Sahel, évqouant « des négociations discrètes » qui auraient d’ores et déjà débuté avec Total », pour une exploitation prochaine du pétrole de la région à l’avenir !

Toujours selon le Canard Enchaîné, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, « n’ignore aucune des mauvaises nouvelles arrivées d’Afrique subsaharienne. Et rien de l’implication de « notre ami du Qatar » –  formule d’un officier de l’état-major –  dans la « capture » du Nord du Mali par plusieurs mouvements djihadiste. »

Selon l’hebdomadaire, au début de cette année, « plusieurs note de la DGSE ont alerté l’Elysée sur les activités internationales », de l’émirat du Qatar. Mais le président Sarkozy n’ y a pas donné suite pour ne pas incommoder son »am » le cheikh Hamad ben Kalifa Al-Thani, nous dit-on.

Selon ces notes secrètes des officiers de la DRM, la « générosité du Qatar est sans pareille », l’émirat ayant également aidé « financièrement, parfois en livrant des armes, les révolutionnaires de Tunisie, d’Egypte ou de Libye ».

sahelqatarEn janvier dernier, alors que la région du Sahel était soumise à des troubles de plus en plus violents, le géant pétrolier français Total avait annoncé avoir signé deux permis d’exploration avec les autorités mauritaniennes dans le très prometteur bassin de Taoudéni.

Le groupe a ainsi acquis, en tant qu’opérateur, une participation de 90% dans les blocs C 9 en mer très profonde et Ta 29 à terre dans le bassin de Taoudéni.  La compagnie nationale mauritanienne SMH détiendra les 10% restants.

Le bloc C 9, situé à environ 140 kilomètres à l’ouest des côtes mauritaniennes, s’étend sur plus de 10.000 km (!…), par des profondeurs d’eau comprises entre 2.500 et 3.000 mètres. Le bloc Ta 29 est situé dans le désert du Sahara à 1.000 kilomètres à l’est de Nouakchott, au nord du bloc Ta 7 sur lequel Total mène déjà des activités d’exploration.

En février 2011, la presse algérienne indiquait que le groupe français Total  et le groupe énergétique national algérien Sonatrach avaient dans leurs besaces plusieurs projets au Sahel. L’essentiel semblant être pour les deux groupes de « rafler » le plus de projets possibles, au Mali et au Niger.

Les récentes découvertes de richesses minières, dans le bassin de Taoudéni, large de 1,5 million de kilomètres carrés, partagé entre le Mali, l’Algérie, la Mauritanie et le Niger, provoquent en effet désormais un vif intérêt pour cette région.

Jean François Arrighi de Casanova, directeur Afrique du Nord de Total a ainsi fait état d’immenses découvertes gazières dans le secteur, freinant la progression du puits vers la zone pétrolière, en Mauritanie  et le conduisant même à parler « d’un nouvel Eldorado».

A travers sa filiale internationale Sipex, Sonatrach a par ailleurs obtenu l’approbation du ministère des Mines nigérien pour procéder à des forages expérimentaux.

Au Mali, la filiale de Sonatrach présente depuis 2007, a acquis une prolongation de deux ans, émanant du ministère malien des Mines, pour la première phase d’exploration qui prendra fin en 2013.

Simple coïncidence ? À trois mois de l’élection présidentielle au Mali, le gouvernement, déjà confronté aux enlèvements d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) et à la menace d’une crise alimentaire, a dû faire face à une nouvelle rébellion touareg puis à un coup d’état.

Ces attaques étant alors les premières de ce type depuis un accord ayant mis fin à la rébellion mais également depuis le retour de Libye de centaines d’hommes armés ayant combattu aux côtés des forces du leader libyen Mouammar Kadhafi.

source : le blog finance

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