Culturalité - Les fêtes religieuses

Bianou, Mouloud, Ezoum, Tabaski

Le Bianou

bianouazCette fête qui se déroule à partir du 9ème jour du 1er mois musulman Mouharam ou Bianou en Tassawaq, se déroule à Arlit, Ingall et Agadez où elle a plus d’importance que dans le reste du Niger. Les hommes tapent sur trois ou quatre tambours aux sons différents et un rythme bon à entendre et agréable à danser par les hommes qui font le tour de ces tambours agrémentés par des petits tambours. La fête dure trois ou quatre jours.

Les femmes mettent leurs habits de grand jours pour se faire plus belles en criant ou en souriant pour démontrer leur joie. Tous les enfants nés dans ce mois devaient s’appeler Bianou.

Le Mouloud 

Elle se fêtait depuis la nuit des temps. Elle symbolise la naissance du prophète Mohamed. C’est à ce juste titre qu’elle est célébrée en deux phases chez les Issawaghens. Le 11 du mois lunaire Rabioul Awal ou Almouloud en Tessawak et le baptême une semaine après comme il se doit.

Cette fête s’appelle Almouloud. Les Issawaghens lui accorde tellement d’importance que même les enfants nés courant ce mois se baptisent Maouli pour les garçons et Khadija pour les filles (nom célèbre de la compagne du prophète).

Les habits traditionnels sont les plus privilégiés : grand boubou, litham, les chaussures en cuir, les portes feuilles, les sabres etc.…

Dix jours avant le jour «J» les marabouts s’entraînent à la lecture des éloges du prophète. Les femmes ne cessent aussi de s’entraîner chaque soir pour maîtriser le rythme Akanzam (tambourin) qui doit accompagner toutes ces éloges avec un Tindé : aucune erreur ne sera permise.

Enfin le jour « J » : dès 15 h 30, les vieilles femmes se mettent en place pour Azirey-Zerey signifiant l’arrivée du prophète au monde. Un rythme qui envahi le village accompagné de chanson chérissant le nouveau venu. Dans la nuit le rythme devient plus endiablé car l’heure de la naissance se fait plus proche.

Aux premières lueurs du jour l’enfant prodigue naquit. Tout le village éclata en joie : les bruits cessèrent, les cœurs apaisés et joyeux, tout le monde rentre à la maison en remerciant le miséricordieux.

Une semaine après, tout se remet en place pour le baptême avec beaucoup plus de sérénité.

Le Carême

Il se déroule à Ingall comme dans tous les pays musulmans. En effet les musulmans se privent de manger et de boire et de manger pendant toute la journée et cela jusqu’à 29 ou 30 jours. C’est au mois de Ramadan ou Izoum en Tassawak.

Durant toute la nuit, les marabouts lisaient les éloges du prophète quand les hommes et les femmes chantaient et dansaient parallèlement ces mêmes éloges. Les mets les plus savoureux sont préparés et acheminés aux différents endroits de la lecture. Le lendemain matin, c’est le grand rendez-vous à la vieille mosquée du village qui mérite d’accueillir la lecture du Saint Coran afin d’implorer Dieu à descendre sa clémence, sa bienfaisance et sa paix sur la région voir tout le pays. Pendant que se déroulait cette lecture une équipe est désignée pour se rendre dans la palmeraie afin de sélectionner quatre branches de palmier qui serviront à marquer la fin de la fête. Cette heure de fin fête est la plus pitoyable. Elle est exécuté par des sages sous le regard pétillent en souhaitant de revivre cette fête l’année prochaine. Alors, la nuit, c’est le silence total qui se faisait peser de tout son poids sur le village sous la fatigue et la nostalgie.

La Tabaski

priereLa fête de la Tabaski ou fête du mouton se déroule chaque année au mois Jilhadji ou Tafaské en Tassawak et en Tamasheq. C’est aussi une fête musulmane. Le nom Jilhadji en arabe, par ce que c’est au cours de ce mois que les musulmans accomplissent l’une des cinq obligations de l’islam à savoir le Hadj (le pélerinage).

Au cours de cette fête, chaque musulman adulte doit égorger un mouton en imitant le prophète Ibrahim. Très vieux, le prophète Ibrahima a eu son premier et unique fils. Une fois il avança qu’il ferra tout ce que Dieu lui demanda. Un jour il a rêvé que dieu lui a demandé d’égorger son fils. Il raconta cela à son fils Ismael qui lui dit d’obéir au bon Dieu.

Un bon matin, il amena son fils. Ismael s’est lavé s’est bien habillé et suit son père. Celui-ci lui demanda de se coucher, l’attacha comme un animal et décida de l’égorger mais le couteau n’arrive pas à tranché la gorge.

Fâché, le père de Ismael jette le couteau sur un caillou qu’il trancha. Il reprend le couteau et dit : tu coupes le caillou mais tu ne peux pas trancher la gorge ? Il tente à nouveau sans succès. C’est à lors qu’un ange lui apporta un mouton en remplacement de son fils. Voilà pourquoi le mouton est égorgé en cette période par chaque musulman qui a la capacité.

 

Toutes ces fêtes perdent petit à petit leurs valeurs traditionnelles. De Bianou en passant par Mouloud, le Carême et la Tabaski. Les beaux habits traditionnels cèdent la place aux habits occidentaux chez les plus jeunes. Pendant la fête de Mouloud l’on voit les jeunes filles habillées en moderne taper sur les tambourins qu’elles maîtrisent à peine ...