La ville de Ingall

La tradition orale de l'origine de la ville

L’histoire d’Ingall est diversement relatée, bien que tous les anciens rencontrés à Ingall rapportent presque la même chose. Dans les écrits comme dans la tradition orale, les groupes des Isawaghens sont différents. Tous sont unanimes pour dire que les Isawaghens sont les descendants d’Askias Mohamed, même si les écrits et indices historiques et archéologiques mettent à mal cette version.

Askias Mohamed aurait abandonné une partie de ses gens fatigués, à Ingall en allant en pélerinage à la Mecque vers 1497. Certains parlent de 18 personnes d’autres d'une trentaine. Ces gens semble t-il sont des enfants et des vieilles ; c’est pourquoi après le décès des plus vieux les enfants ne savent pas trop leur origine, ils ne connaissent que Askias Mohamed. De retour de la Mecque, Askias se trompe de chemin et ne retrouve plus ses sujets.

Askias Mohamed a fait deux autres passages en Ighazer afin de soumettre la ville d'Agadez, en 1500 tout d'abord, puis en 1517 ou il séjourna presqu'une année aux abords de la capitale de l'Aïr. L'armée d'Askias Mohamed étant composée essentiellement d'esclaves et prisonniers, il est probable qu'une partie ai été laissée sur place aux abords d'une ville qui n'existait pas encore. Mais aucune mention de ces faits n'est faites dans les diverses chroniques d'Agadez et de l'empire Songhay, et dans les traditions orales.

Toutefois la plupart des orateurs affirment que la cité a été créée par des Isherifens venus de Fez au Maroc, ou de Médine d’où le nom d’Almadeina pour la célèbre variété de datte d’Ingall. En effet, il est acquis que les premiers installés furent des Isheriffen, d'origine arabe, qui payèrent en or leur installation à Ingall auprès du Sultan d'Agadez. Fez au Maroc serait aussi la région d'origine des Igdalen qui sont également Isheriffen nomadisant dans l'Ighazer, et Askias Mohamed serait revenu de la Mecque avec des Chérifs, arabe bien entendu... La chronologie restant encore difficle à cerner pour la création de la ville, début ou milieu du XVIè siècle.

A la destruction de Tigidda, les populations Inussufan et Imasdraghen qui échappèrent aux massacres se fondèrent au fil des ans avec les groupes Isheriffen et Songhay déjà présents à Ingall, faisant ainsi de Tegidda n'Tessoumt un faubourg de la ville.

Les groupes communautaires

L'ensemble des habitants autochtones d’Ingall s’appellent les Isawaghens. Ils ont les même descendants, parlent la même langue et ont la même culture. Leur nom vient de "Assawagh" qui veux dire en Tamacheq "qui protège". Pour les Touaregs tout celui qui arrive à Ingall est protégé. La communauté Isawaghen est composée de :

- Imesdraghen : sont venus à Ingall par la piste des pierres, ce sont des musulmans qui prônent la paix, qui habitent le quartier de Agafaye.

- Inussufen : ils ont une parenté avec les gens de la brousse, habitent le quartier Attaram.

- Inemegrawen : qui viennent de la brousse, habitent le quartier Agazir Béré.

- Isheriffen : ce sont des Igdalens de race blanche, qui habitent près de Takachi (ancien marché).

Une légende ?

Suite aux exactions que subissent les Isawaghens par les Touaregs armés de sabres et de lances, ils ont fuit du village pour se réfugier à Tabzagor vers Mararaba. Ils décident de revenir une nuit constatant une accalmie dans la zone. Cette fuite est historique car, un enfant est née dans ce village et prend le nom du village Tabzagor. Cette personne aujourd’hui décédée dans les année 1980 que la plupart des gens appellent Abzo de son vivant habitait à Agazir Beré.

Par crainte que les Touaregs ne leur arrache leur biens précieux comme l’or, les Isawaghens enfouirent des canaris en banco cuite dans des murs. Ils ne les récupèrent que lors des cérémonies de mariage ou de baptême et la recache aussitôt après les cérémonies. Même après leur fuite ces biens sont restés cachés.