Société - Préhistoire

Le Paléolithique

L'Afrique est le berceau de l'humanité, car on y a retrouvé les plus anciennes traces d'homme, notamment dans le rift d'Afrique de l'est, à l'époque quaternaire (pléistocène). Mais ces dernières années le berceau se serait déplacé vers le Sahara et le bassin du lac Tchad en particulier avec le découverte de Toumaï. Comme le disait l'Abbé Breuil, "le berceau du monde est à roulette", pour signifier que les recherches fourniraient de nouveaux éléments propres à repositionner encore ce berceau. 

Le paléolithique commence avec la première pierre taillée par l’homme, il y a plus de deux millions d’années. Défini comme étant la période pendant laquelle l’espèce humaine a physiquement évolué passant du pré-Australopithèque à Homo sapiens. Son système économique était basé sur le mode d’exploitation naturelle des ressources animales et végétales, c’est dire qu’à cette époque, l’homme luttait beaucoup plus pour sa survie que pour la transformation ou la maîtrise de son environnement.

Pendant toute cette période du Paléolithique où l’être humain était réduit à une vie de prédation faite de chasse, pêche et cueillette (fruits et coquillages), des hommes s'étaient établis dans les régions supposées les plus accueillantes à savoir l'Aïr, le Ténéré, le Kawar et le Djado ; c’est du moins ce que les outils en pierre tendent à nous dire du moment où au Niger, aucun fossile humain de type paléolithique n’a été découvert jusque là, malgré la présence d’industries assez anciennes dont certaines remontent peut-être à un million d’années. Cette première industrie lithique, dite des "galets aménagés", se retouve autour de la plaine de l'Ighazer, Tchad, Vallée de la Tafassasset entre Aïr et Fezzan, dans le Hoggar ainsi qu'au Mali, mais aucunes traces n'a encore été décelées aux abords de l'Ighazer. Plus au sud, notamment la zone forestière au Nigéria, révèle également quelques sites de galets aménagés datant d'environ 2 Ma.

On ne sait encore que peu de choses de la vie des tailleurs de galets, si ce n'est qu'ils vivaient préférentiellement près des lacs ou l'on a retrouvé des restes d'aménagement de huttes. Il devait surtout vivre de la chasse de petits gibers, et surtout de cueillette, baie et autres escargots, ne dédaignant pas une charogne. Le renforcement de la nourriture carnée lui a sans doute permis de libérer du temps, qu'il pourra mettre au profit de l'évolution technologique de son industrie.

L'Acheuléen

Appelé également Early Stone Age (début de l'âge de pierre), l'Acheuléen débute en Afrique avec les premiers objets taillés par l’homme ; deux espèces en étaient les auteurs, Homo habilis en ce qui concerne les premiers campements et les plus vieux outils datés de 2,6 millions d’années à 1,4 millions d’années et Homo erectus en ce qui concerne la domestication du feu et certains types d’outils spécialisés destinés à la chasse et datés de 1,7 Ma à environ 100 000 ans BP, selon les régions. Lors des épisodes arides les populations se réfugient sur les montagnes, mais surtout sur le sahel méridional et la vallée du Nil. Ces mouvements de populations intercalent les cultures sur différents sites, qu'ils réoccupent, et compliquent à l'évidence les tentatives d'interprétations des chronologies culturelles au Sahara.

Néanmoins, il y a une bonne concordance entre les sites à galets aménagés et ceux de l'Acheuléen, ce qui évoque une évoluton in situ de ces cultures. La maîtrise d'une nouvelle technique, le débitage Levallois matérialise l'entrée de hommo erectus dnas la pensée conceptuelle, car cette technique nécessite de conceptualiser la pièce finale avant les pemiers coups de percuteurs. La maîtrise du feu est un autre élément d'importance qui va donner un avantage certains aux hommes sur la faune qui partage ses territoires. Homo erectus devait égalemnt possédait le language articulé, peut être lent et mamadroit, mais suffisant pour faire de courtes phrases. Encore mal armé pour s'attaquait au gros gibier, il est auatnt chasseur que charognard. La maîtrise du feu à modifier son comportement entaînant une plus grande convivialité, et permis de goûter au cuit.

L'Acheuléen dont les débuts au Niger ne sont pas très bien connus, a été surtout reconnu dans la région d’Agadez, où il a été trouvé in situ au Kori Tagueï et à Amakon dans l’est de l'Aïr ainsi qu’à Bilma et dans le Djado. L’industrie est encore constituée pour le quart de galets aménagés, avec prédominance de polyèdres, de bifaces archaïques, trièdres et pics. Les sites avaient antérieurement livré quelques rares hachereaux et quelques outils sur éclat. On dénombre 7 à 8 outils différents. L’Acheuléen se rencontre également dans l’Adrar Bous où il pourrait se placer il y a 60 000 BP, Homo sapiens est alors présent dans toute l'Afrique de l'ouest.

En Afrique du Nord et de l'ouest, on recense des sites de la culture du Moustérien, notamment au nord de l'Aïr, qui sont antérieurs à l'Atérien, et dont l'origine est la vallée du Nil. Cette culture s'intercalerait avant l'Atérien entre 200 000 BP et 40 000 BP. Homo sapiens est alors bien installé dans toute l'Afrique, le débitage Levallois est la régle avec des outils de plus en plus spécialisés. Il récèle de nombreux faciès régionaux qui pourrait évoquer une évolution autochtone de ces industries lithiques. L'homme est alors un semi sédentaire qui se déplace beaucoup selon les conditions d'un environnement de plus en plus aride.

L'Atérienpointeaterienne

Le Sahara va connaître une période humide de 40 000 à 33 000 BP, puis de 28 000 à 21 000 BP, permettant le rayonnement d'une nouvelle culture, opposée à un aride en Afrique orientale dont les populations migrèrent vers ce Sahara plus humide. Cette période permis au Bos primigenius (Auroch) d'émerger et de se différencier de ces homologues eurasiatiques. Il sera la première "vache domestiquée" et sélectionnée pour donner le Bos africanus vers 7 000 BP. Puis ce fut de nouveau une forte période aride de 20 000 à 13 000 ans BP, dite désert du Kanémien, qui vida le Sahara de ses populations. En fait elles retournèrent vers le sud et le sud-est de l'Afrique, notamment vers la vallée du Nil (Nubie), bien qu'une partie s'accrocha aux reliefs pouvant être l'une des raisons à l'émergence de savoir-faire comme la céramique au début du Néolithique.

Au Niger, cette période correspond en grande partie à l'Atérien, civilisation qui se caractérise par un fort débitage Levallois (technique de taille), et par la présence d’un pédoncule d’emmanchement à la base des pièces lithiques. Il est particulièrement abondant au Kawar à partir de Seguedin ainsi que dans le Djado, et se retouve également en Aïr, à Ekouloulef, Adrar Bous ou Mouezout, mais aussi en Ighazer. Cette civilisation rayonna sur toute la partie Saharienne, et trouve sa limite méridionnale à la latitude de la plaine de l'Ighazer. Les Atériens sont des chasseurs qui utilisent plusieurs matériaux pour construire des outils, la pierre, le bois et les os. On retrouve des traces de l'Atérien réfugié dans les massifs sahariens vers 15 000 BP. C'est aussi le début d'une nouvelle période humide, avec le retour de populations amenant de nouvelles technologies, dont l'industrie lithique lamellaire, mais aussi l'art rupestre sans doute originaire de Nubie. 

La culture de l'Atérien ne serait qu'une adaptation du Moustérien par l'adoption d'une nouvelle technique d'emmanchement, ce qui ferait remonter l'Atérien à des périodes plus anciennes. De récentes mesures sur la datation de sites Atérien, par les résidus de l'uranium, indiquent qu'ils remonteraient jusque vers 200 000 BP. Ceci remet évidemment en cause la chronologie jusqu'alors admise, ainsi que les relations supposées entre ces cultures. En attendant que ces données se confiment on place entre l'Acheuléen et l'Atérien diverses autres cultures, dont on ne sait que peu de chose, c'est le Middle Stone Age que l'on retrouve au Sahara méridional sur de petits sites non encore étudiés.

L'homme Atérien est le cromagnon de l'Afrique du nord, il a des os épais, une tête large surbaissée, et a une ascendance avec l'homme de Djebel Irhoud (un néenderthalien) et la culture du Moustérien dont il serait issu. On lui reconnaît une filiation avec l'homme de Mechta el Arbi que l'on retrouve dans tout le Maghreb occidental. Il se fera supplanter par un homme protoméditerranéen, venu du Proche-Orient. On perçoit déjà à cette époque qu'un mouvement de migration d'est en ouest au nord et au sud du Sahara, se perpétueant au fil de la préhistoire et bientôt de l'histoire. 

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Seulement 2 sites paléolithiques (saharien) en Ighazer sont recensés, ils présentent la caractéristique d'être des ateliers de débitage lithique de types Levallois. Il faut avouer que la zone n'a pas fait l'objet de fouilles systèmatiques pour cette période.

L'homme de la fin du paléoltihique est un semi-sédentaire qui pratique un nomadisme saisonnier selon les groupes et régions du Sahara. Il se nourri de la chasse, de la pêche et de la cueillette et commence à se spécaliser, marquant ainsi une nouvelle évolution dans le comportement sociétal, et l'appréhension de son environnment.

Mais on ne doit pas oublier l'influence des cultures de la forêt, au sud du Sahara, qui sont actuellement très méconnues, très peu étudiées. Si l'Atérien est bien délimité avec une limite méridional autour du 19è parallèle et une continuité du peuplement dans ses techniques, il n'en va peut être pas de même au sud du Sahara. Malheureusement les données manquent, notamment à cause de sites non retrouvés dans des contextes stratigrapohiques satifaisants permettant de dater de manière indirecte les industries lithiques. Ainsi l'un des sites d'Afrique de l'ouest le plus représentatif, Ounjougou au Mali, témoigne d'une occupation paléolithique dense du Sahel, dont les peuplements ont connus des renouvellement réguliers et rapides, sans en connaître encore les raisons. Une fois de plus, la plaine de l'Ighazer se retrouve aux confins de cultures, de peuplement de différentes influences, dont il est encore bien difficile d'en cerner tous les contours.

pointeounanCapsiens et Ounaniens

A cette époque des prémices du Néolithique, la plaine de l'Ighazer peut être considérée comme une zone de confluence, ou va s'exprimer une influence septentrionale avec les capsiens, ancêtres des berbères, et une influence méridionale moins connue de chasseur pasteurs négroïdes, venus de la vallée du Nil au Soudan actuel.

Les capsiens seraient issus d'une influence proche orientale et occupèrent une partie du Sahara septentrional (Tunisie et Algérie), favorisant le replis des mechtoïdes dans l'ouest maghrébins. Ils nous ont laissé des escargotières, remplies de coquillages et de mollusques qu'ils consommés abondamment. On en retrouve aux bords de la vallée de l'Azawagh daté de 8 500 BP, ce qui leur donnerait un influence à travers tout le Sahara, mais trop peu d'études permettent d'être affirmatif. Ce régime alimentaire était complété par la chasse (porcs, boeufs, chêvres) et la cueillette d'asperge sauvage et de fenouil entre autres. Cette civilisation décorée les oeufs d'autruche qui leur servaient de contenant et étaient le signe de la fécondité, tradition encore vivace chez les sahariens. Certains font des apparentements entre ces décors et les décors des berbères qui ont une spécificité artistiques géométriques. Ils possédaient une industrie microlithique très raffinée. Ils se peignaient le corps avec les traditionnels ocres que l'on retrouve dans tout le Sahara, et portaient des colliers de perles. Les Capsiens sont du type méditerrannéen, et seraient à l'origine des proto-berbères, et peuvent être considéré comme la tête de la lignée berbère en Afrique du nord, dès 7 000 avant J.C et jusque vers 5 000 av J.C au Sahara méridional..

L'Atérien et le Néolithique sont aussi séparés par une période ounanienne, ou civilisation épipaléolithique. Nombre de site en Ighazer possèdent des pointes d'ounan qui sont caractéristiques de cette période. On en retrouve également en Aïr. Quelques sites importants, difficiles à rattacher directement au Néolithique ont aussi été classés sites épipaléolithiques par leurs inventeurs. Il s'agit des sites de l'Adrar N'kiffi et de Temet respectivement datés de 7.300 et 9.500 ans BP, leur particularité étant d'avoir une industrie fortement microlithique où la céramique paraît encore inexistante. Les Ounaniens sont des négroïdes robustes, chasseurs, ceuilleurs, mais aussi pêcheurs parce qu'on a retrouvé beaucoup de harpons en os. Au début du néolithique, ils occupent presque tout le Sahara central et méridional. Les techniques de chasse se font aussi plus précises, ils choisissaient sûrement leur cible, et parquaient les animaux. Ce sont des chasseurs cueilleurs, des populations négroïdes qui proviennent très vraisemblablement du Soudan actuel, à la faveur du retour d'une phase climatique humide vers 12 000 BP. La zone de l'Ighazer a également pu connaître une autre influence issue de la forêt équatoriale qui amena l'arc à flèche.