Société - Histoire

La période coloniale

La période précoloniale

Le premier explorateur à fouler le sol d'Aïr est Henrich Barth en 1853. Lors de son "excursion à Aagadez", il en décrira l'Emghedeshie, langue à base Songhaïe intégrant un vocable Tamasheq et Arabe, et précisera pour ce qui concerne la plaine de l'Ighazer l'implantation des villages d'In Gall et de Tegidda qu'il confond avec la Takedda d'Ibn Batuta (extrait).

itiénéraire mission Foureau-LamyLa première mission d'envergure qui parcourue l'Aïr fut celle de Foureau et Lamy de 1998 à 1900. Si les 1 000 chameaux de la mission ne traverseront pas l'Ighazer (seuls 2 arrivent sur Agadez), elle fit un séjour de 80 jours à Agadez, près du puits de Tanssamane, pendant la saison pluvieuse, obligée d'user de menaces pour acquérir les chameaux dont elle avait besoin pour poursuivre sa route, le Sultan ne se montrant guère coopératif vis à vis de l'envahisseur qui ne disait pas encore son nom. Ce seront les Kel Owey qui finaleront vendront leurs chameaux à la mission Foureau-Lamy. La mission notera que le Sultan ne jouit d'aucune autorité en son royaume, aux mains des factions touaregs les plus fortes, Kel Owey, Kel Ferouan. Il est alors élu par des Kel Gress, les "2" Anastafidet et d'autres notables Kel Owey ... Le départ de la mission se fera le 10 août en direction de Irahyen au sud de la falaise de Tiguidit, zone avec fort peu de puits, elle risquera ici le plus grand danger de son périble par manque d'eau, très vraisemblablement à cause de leur guide qui a voulu les égarer et finie par rejoindre tant bien que mal Agadez. Elle quittera la ville en octobre, après avoir été complétement ravitaillée en chameaux et nourritures à la suite de longues tergiverssations des autorités locales, passant par le puits d'Aballema au sud des falaises pour rejoindre Zinder.

Si les explorateurs pénétrèrent l'Aïr par le Nord, les militaires français allaient s'appuyer sur les territoires du sud Niger pour mener leur colonisation, en particulier par le Damergou au nord de Zinder, réserve céréalière des Touaregs de l'Aîr, et par l'ouest à partir de Tahoua alors ville étape de la voie de ravitaillement de Zinder, l'Ader faisant partie de la Nigeria. Cette région sera finalement rattachée au Territoire du Niger en 1907. Le Damergou est alors détenu par les Kel Imouzarag qui font payer un lourd tribut aux Kel Owey qui organisent la Taghlemt de Sokoto à l'Aïr puis de l'Aîr vers les oasis de Bilma. En 1900 après une lourde défaite, les Kel Owey s'allient aux français pour vaincre les Kel Imouzarag qui se réfugient à l'est dans le Koutous et l'Alakos. Ainsi les Kel Owey maîtrisent-ils la presque totalité du parcours de la grande caravane qui ravitaille l'Aïr.

Les débuts de la période coloniale

Les Français installent alors un poste militaire à Djadjidouna en plein Damergou pour mieux maîtriser la route caravanière et commencent l'instruction fin 1901 d'unités méharistes dont un premier peloton serait opérationnel dès 1902 sous le commandement du Capitaine Cauvin. Sa première véritable mission sera la protection de la Taghlemt jusqu'à l'Aïr, en proie à de nombreux rezzous Touareg et Toubou, sous le commandement du Lieutenant Plomion, qui sera remplacé par le Lieutenant Jean en août 1904.

A l'ouest de l'Ighazer, l'Aménokal Mohamed El Kumati des Kel Dinnik (Oulleminden de l'est) faisait sa soumission aux Français, sans jamais avoir croisé un français, se faisant toujours représenté par son homme de confiance, il mouru à Afukada près d'In Gall en 1903. La rivalité dans la succession incita les français à promouvoir Ismaghil, plus en clain avec la politique des colons que son cousin Rezzi. Il est intronisé le 15 novembre 1903 en présence du Lieutenant Colonel Noël.

- 1904

En février 1904, le Capitaine Delestre, commandant le Cercle de Tahoua, créera également une unité méhariste, à la suite d'une intervention entre les Kel Tamesnas et les Kel Fadey. Ces unités seront essentielles dans la colonisation du Nord Niger gràce à leur mobilité calquée sur celle des Touareg en rezzou. Elle sera opérationnelle en octobre 1904. En août 1904, la protection de la Taghlemt jusqu'en Aïr, amènera le Lieutenant Jean à faire son entrée à Agadez le 12 septembre, en compagnie du Lieutenant Bandiougou qui installe son campement près du puits de Tanssamane, tout comme la mission Foureau-Lamy l'avait fait avant lui. S'en suivent des opérations de police auprès des tribus soumises et non soumises, dont un contre-rezzou organisé par Yato, Anastafidet des Kel Owey, sur les Kel Fadey, dont le chef était Onagoda, les Kel Gharous et Kel Hoggar, rapportant les impôts de soumission le 28 septembre. Le lieutenant Jean se porte sur In Gall pour faire la jonction avec la section méhariste de Tahoua. Il atteint la petite ville le 23 septembre à minuit, rejoint le lendeman matin par le Capitaine Delestre. Ils y installeront un petit poste militaire statique. Avec 300 partisans Kel Dinnik et leur chef Ismaghil, le Capitaine Delestre souhaite mettre à la raison Rezzi, réfugié chez les Kel Fadey, ne reconnaissant par le nouvel Aménokal.

Afin de contrôler les caravanes, poumon économique de la zone et de prendre les contacts nécessaires auprès des tribus nomades, l'occupation d'Agadez est devenue  prioritaire et les 2 unités s'y rendent dès le lendemain. Le Lieutenant Jean y entrepenant la construction du poste d'Agadez près du puits de Tanssamane. Après un bref séjour à Agadez, le Capitaine Delestre retourne à Tahoua le 13 octobre en ayant relevé le poste d'In Gall par une section du Lieutenant Jean.

- 1905

Méhariste-carlierDébut 1905, le Lieutenant Jean effectue des opérations de police auprès des Kel Fadez et Kel Gharous dans la Région d'In Gall, leur infligeant de lourdes pertes et récupérant du bétail. Malgré ces opérations de police, qui font régner l'ordre le temps de leur passage, les Kel Fadey partisans de Rezzi s'attaquent aux Kel Dinnik partisans d'Ismaghil. Le ministre des colonnies fait évaucué le poste d'Agadez, vraisemblablement sans trop comprendre les enjeux de protection de l'économie locale et des prétentions ottomanes sur le Nord Niger. L'évacuation sera faite le 31 mai 1905 sans que la zone ne soit véritablement soumise, mais les français exercent néanmoins une sécurité pour les caravaniers. Cette première incursion des français en Ighazer ne fut pas du goût de plusieurs tribus qui effectuèrent des représsailles vis à vis de ceux, soumis ou près à se soumettre. Ainsi le 1er juin 1905, la ville d'In Gall fut mise à sac par un rezzou, qui poursuivit jusqu'a Tegidda n'Tessoumt, faisant nombre de victime.

En octobre le Chef de Bataillon Gadel remettait en place la Sansani pour garder quelques relations avec les tribus nomades. Cette réunion des chefs traditionnels servait autrefois à la préparation de la Taghlemt.

 

Les années 1906 à 1908 sont marquées par de multiples accrochages entre les tribus non soumises et les français, mais aussi nombre de rezzous sur les caravanes trop peu protégées. Cette instabilité se manifeste également par deux changements successifs de Sultans en 1907 et 1908, mettant en place Abder Rahim Tagama. Lors de son intronisation, fut faite à Agadez la jonction entre les méharistes algériens (lieutenant Sigonney) et ceux de Zinder (chef de bataillon Mouret), rendue nécessaire pour la mise en place d'un courrier permettant l'échange de renseignements. Sigonney y séjourna du 10 au 17 septembre 1908. Le colonel Laperrine écrivait au sujet de cette reconnaissance : « Au fond, cette promenade pacifique de mille trois cent cinquante kilomètres, qui n'a coûté ni un homme, ni un méhari, ni un centime à l'Etat, a produit plus d'effet qu'un contre-rezzou couronné de succès. Elle va très probablement amener la soumission sans effusion de sang des derniers dissidents de « l'Aïr ».

 - 1906

En avril 1906, devant les vélléitudes territoriales de l'Empire Ottoman et de l'Allemagne, la France décide d'occuper les postes d'Agadez et de Bilma pour tenir les frontières. Le Lieutenant Massé occupe la ville le 7 juillet et est rejoint par une unité méhariste le 11. Une autre section aux ordres du Lieutenant Garnier de la Roche fera également son entrée à Agadez le 10 juillet, venue de Tahoua par l'Ighazer. Les mois de juillet et août allaient être consacrés à l'aménagement du poste et à renouer les liens avec des tribus opposées à cette occupation, Kel Fadey, Kel Gharous, Kel Hoggar et Kel Tedelé. En juillet le Lieutenant Garnier de la Roche faisait un reconnaissance jusqu'à Tegidda n'Tessoumt au moment de la Cure Salée. Rezzi montrait alors de meilleures dispositions vis à vis des français, ce qu'il confirmera lors de la venue du chef de cercle de Tahoua, le Capitaine Laforgue, cherchant avec son unité les meilleures voies de passage pour le ravitaillement d'Agadez et de Bilma. A la fin du mois de septembre plus de 100 tirailleurs étaient présents sur Agadez. En octobre le Lieutenant Massé mené une action de force fasse aux Kel Tédélé qui se soumettaient et rentré sur Agadez pour la Sansani.

Mais les passages de plus en plus fréquents des unités méharistes dans l'Ighazer ne réfrénés que peu les ardeurs des razzieurs. Le 8 décembre un  fort Rezzou des Kel Fadey sous les ordres d'Albakka, neveu d'Oanagoda pillé la tribu des Dagamena; un contre-rezzou mené par Toulman, un notable de Tahoua, recoupé les razzieurs au nord de Tegidda n'Tessoumt, où Toulman perdra la vie.

- 1907

Au 1er janvier 1907, les unités méharistes sont désormais officielles, ce grand changement est budgétaire puisqu'au lieu de supporter le fonctionnement de ces unités sur les budgets locaux, ce sera le budget militaire qui y sera consacré. De plus cela est la reconnaissance que ces unités sont essentielles pour assurer la pacification des territoires occupés. Une unité est détachée à Agadez, la Section Méahariste de la 2è compagnie de Zinder, composée d'un officier, de 2 sous-officiers et de 57 tirailleurs, avec 2 chameaux de selle par personne et 60 autres de bâts pour le transport des ravitaillements. Avec l'occupation de Bilma la section méharistes d'Agadez allait être appelée dans cette zone pour ses manoeuvres, tandis que celle de Tahoua décallée sa zone d'activité sur l'Ighazer et l'Aïr, la France tendant de contrôler le Nord Niger de l'Aïr jusqu'au Tibesti.

Le Capitainez Posth, premier commandant du cercle d'Agadez, fait des tournées de police en Ighazer d'avril à septembre, il relèvera de leur fonction les chefs Kel Fadey et Kel Ferouan et installera un poste provisoire à Tegidda n'Tessoumt pour la surveillance de la Cure salée et détachera une section pour surveiller la récolte des dattes d'In Gall en juillet. Il rentrera le 11 septembre à Agadez en compagnie du Commandant de cercle de Tahoua, le Capitaine Laforgue, pour la Sansani qui se tiendra le 15 du même mois, en présence du Chef de Bataillon de Zinder le Lieutenant Colonel Bétrix. Ce dernier destituera le Sultan d'Agadez, Ousmane Makitane, au profit de son fils Ibrahim Dassoki. Cette Sansani se tient sans la présence des Kel Fadey, Kel Gharous et Kel Hoggar qui marquent ainsi leur désapprobation de l'occupation française, ce qui va déclencher de multiples opérations de police menées par le Capitaine Posth, le Lieutenant Théral en relation avec le commandant de cercle de Tahoua. Du 3 au 10 septembre le Capitaine Laforgue est à In Gall, il y rencontre les chefs Ouelleminden et Kel Gress qui font leur Cure salée et continue sur Agadez avec le Lieutenant Théral revenant de mission dans l'Azawouak. Fin 1907 le Lieutenant Théral mènera une nouvelle opération contre les Kel Fadey dans les monts Izazan et rentrera début 1908 à Agadez.

- 1908 - 1914

Cette année là, la Cure salée est surveillée par la section méhariste de Tahoua, Lieutenant Peignot et Sergent Desmettre, 59 tirailleurs, 2 autres sergents indigènes et 190 chameaux sont présents. Du 12 au 16 août ils sont à In Gall, puis remontent le 19 à Tegidda n'Tagait et sont à partir du 25 à Tegidda n'Tessoumt. En octobre elle sera sur Agadez pour la Sansani et retournera ensuite à la surveillance de la Cure salée. Lors de la Sansani, nouveau changement de Sultan d'Agadez par le lieutenant Colonel Mouret qui nomme Tagama.

En 1909, la section méhariste d'Agadez est le plus souvent appelée à Bilma et comme l'année précédente se sera la section de Tahoua qui assurera la sécurité autour de la Cure salée avec le Lieutenant Dechebarre qui séjournera 4 jours à In Gall.

L'année 1910 est une mauvaise saison des pluies couplée à des épidémies en particulier de variole. Il en sera de même en 1911.

En 1912, la France choisie de tracer la voie du chemin de fer, outil de dévelopement éconmique essentiel. La mission du Transafricain menée par le Capitaine Nieger, tracera la voie entre Ighazer et Aïr, préfigurant l'actuelle route de l'uranium. Mais les tergiversations politiques ne permettront jamais de réaliser cette voie.

Les mauvais hivernages se succèdent, 1913 et encore une mauvaise année de pluies, sauf en Ighazer, et en 1914 c'est la famine au Soudan. Le Sultan Tagama se distinguera dans l'abnégation auprès de ses concitoyens et cette année sera son année "Younwa Tagama". En juin 1913 la section méhariste d'Agadez nomadise dans la région d'In Gall et reprendra des forces en pâturant dans la zone d'Aderbissinat.

kaocenLa révolte de Kaocen

Après cette période trouble faite d'exactions des deux camps, ou les français ne mirent jamais l'Aïr et l'Ighazer sous leur domination, vint la première guerre mondiale qui incita les Touaregs au soulèvement contre les français dans toute la région sahélienne en 1916. Cette révolte est plus un ensemble de soulèvements isolés de factions Touareg, recherchant leur mode de vie passé que les français avait mis à mal. Elle dura 2 années et fut réprimée parfois violemment.

En 1915 le Sultan Tagama qui avait fait allégeance en secret à la Senoussia (une confrérie islamique ayant sa base au Fezzan), fait assassiné son chef de guerre le Tourawa Melé en désaccord avec lui, près d'In Gall, et fait endossé le crime aux Kel Fadey.

Les soulèvements Touaregs se manifestèrent dans cette région par le siège d'Agadez durant 81 jours au début de l'année 1917, par Kaocen et ses troupes au nom de la Senoussia, avant l'arrivée de Zinder d'une colonne française forte en nombre et en arme, coupable d'exactions sanguinaires, menées par le Lieutenant Colonel Mourin qui fait assassiner l'ensemble des marabouts d'Agadez pourtant désireux de coopération avec les français, eux-même trahient par le Sultan.Son entrée eu lieu le 3 mars 1917, arpès quelques acrochages aux abords de la ville, elle fut vited ésertée par les rebelles permmetant l'occupation rigide des colons. La colonne Mourin sera rejointe par la colonne du Commandant Berger venue de Tahoua par In Gall.

Le 5 février 1917 le Chef de Bataillon Berger reçoit l'ordre de se porter sur In Gall pourt empêcher le reflux des rebelles vers l'ouest.  La colonne Berger arrive le 5 mars à In Gall, elle refoule vers le sud les Touareg de l'Azawagh avec leur bétail pour les isoler de Kaocen et leur fait regagner leurs pâturages de saison sèche. Arrivé à Tchimouménène, une escarmouche tuait quelques rebelles, puis arrivant sur In Gall, la colonne bombardait la ville au 80 mm pendant une heure et entrait dans la ville sans résistance. In Gall était alors considérée comme un repaire des rebelles, et la colonne Berger s'engagea également dans des exactions sur les habitants de cette ville, destinées à nettoyer toutes nouvelles vélléités de rébellion en Ighazer. Le groupe méhariste stationna alors à Tchimouménène et du 5 au 16 mars fit des reconnaissances dans la région jusqu'à Tegidda n'Tessoumt. Il entra à Agadez le 18 mars 1917. Après quelques opérations communes avec la colonne Mourin en Aïr, il revient sur In Gall le 6 mai, pour assurait la pacification de la zone. Le 21 mai quelques escarmouches sont à signaler sur un bivouac méhariste. le 1er juin Berger marche sur Sekkiret où il inflige de sérieuse pertes à des groupes rebelles. Les Kel Dinnik, Kounta et Almoussakaré se rallient à la France. La colonne Berger quitte In Gall le 21 juin 1917 en laissant le Capitaine Cadence construire le fort d'In Gall sur un promontoir à l'entrée de la ville. La section méhariste est comandée par le Sous-Lieutenant Nédelec.

A la fin de février 1917, venant du Hoggar, le capitaine Depommier passe à Tin Zaouaten où des nomades lui annoncent que Moussa ag Amastane (Aménokal des Kel Ahaggar d'Algérie) a pactisé avec Kaocen et se trouve à Agadès. Le Capitaine décide de continuer vers Agadès pour prêter main forte aux colonnes de secours mises sur pied par les coloniaux. Le 12 mars, à In Abangarit, après un combat qui leur coûte deux tués et cinq blessés, les dissidents doivent abandonner un troupeau de six cents chamelles. Trois jours plus tard, nouvel accrochage à Taket n'Koutat les dissidents perdent un tué et deux prisonniers. Le 23 mars, enfin, la colonne Depommier rencontre Moussa ag Amastane dans l'Oued Tanefset. L'aménokal des Kel Ahaggar donne aussitôt des explications sur son attitude qui, de loin, avait paru douteuse. Resté fidèle, profitant du trouble causé à Agadès par l'arrivée de la colonne Mourin (3 mars 1917), il s'est évadé et aussitôt libre, il a rassemblé ses partisans, s'est lancé à la poursuite de Khaocen (son ennemi juré qui vient de l'humilier si gravement en le retenant prisonnier) et lui a infligé de lourdes pertes alors qu'il fuyait vers le Fezzan. Après s'être vengé, Moussa a rejoint ses campements, c'est là que le capitaine Depommier l'a trouvé.

110 Kel Fadey sous les ordres d'Issiad, participent aux cotés des français à un contre-rezzou sur Kaocen dans le Damergou, ce dernier cherchant à réapprovionner ses troupes.

La rébeillon se poursuivit dans les montagnes de l'Aïr, les tribus se soumettant peu à peu à l'ordre colonial, les chefs capturés ou morts au combat. La fin de cette révolte marqua la véritable emprise des colons sur tout le pays jusque dans le Kawar. Kaocen, l'Ag Adodé (Aménokal des Kel Owey) et le Sultan Tagama, qui avaient trahi les français, finirent plus tard morts ou arrêtés.

Les années 20, un pays désolé

datefortingallA cette suite, Agadez et sa région était pour ainsi dire en ruine, moins de 2 500 habitants dans la ville, un commerce inexistant, un cheptel décimé, un pays ravagé par la guerre, qui ne s'en remettra vraiment que 20 ans plus tard, à l'aube de la seconde guerre mondiale. Durant cette période, les français installèrent leur empreinte dans les villes en construisant notamment école et centre de santé. L'arrivée du Franc français a conduit les agriculteurs à chercher du travail en ville et la France a rapidement contrôlé tous les marchés. L'agriculture intensive a également perturbé l'écosystème ouvrant de nouveaux espaces désertifiés.

En 1918, le Lieutenant Bourgès est à In Gall, il en fera son poste-grenier le 12 juin avec une garnison fixe. Le 18 novembre, il poursuit un bandit, Alrimarett vers Tegidda n'Tesosumt sans succès.

En 1919, c'est le retour de la Cure salée sous la garde de 40 tirailleurs et de la Taghlemt vers Bilma. A In Gall fusionnent les 2 pelotons méharistes 8 et 10 qui y stationneront jusqu'en 1922. Du 29 juillet au 15 août il effectueront un contre-rezzou en Azawouk sans réussite, début octobre une section méhariste est à Tegidda n'Tagait, elle nomadise ensuite dans la Tamesna puis retourne sur Tegidda n'Tessoumt le 31 octobre pour la Cure salée.

En octobre 1920, la section nomadise de Tafadek à Tegidda n'T'essoumt en passant par Gabos et Tegidda n'Tagait, elle est composée de l'Adjudant Mary, le Sergent Gilbert, 58 tirailleurs et 10 goumiers. Le 25 novembre à midi 14 fusils Ajjer pillent Tegidda n'Tessoumt. Ils sont pris en chasse par l'Adjudant Mary qui y arrive lendemain. Le 27 il recoupe leurs traces à Azelik, il récupère le butin mais au prix de 6 tués et 16 blessés. Cette année Ibrahim Ed Dassouquy Sultan d'Agadez à la suite de Tagama est révoqué, c'est son fils Oumarou Ibrahim qui est mis en place. Le rencensement de 1920 confirmera que le cercle d'Agadez a 5 000 habitants de moins qu'en 1913, du à la guerre mais aussi et surtout aux famines et exodes qui en découlèrent.

Le 1er janvier 1921 marque pour la Niger la consitution de son territoire actuel qui deveindra une colonnie française en 1922. La section méhariste d'In Gall disparait mais le poste perdure et le fort est occupé. C'est l'année de la reconnaissance des goumiers qui disposent désormais d'un statut et en 1926 feront partie intégrante des pelotons méharistes. En juin l'Adjudant Mary accompagne le Capitaine Fonferrier, nouveau Commandant de Cercle d'Agadez, puis retourne à son poste grenier d'In Gall avant de surveiller la Cure salée à paritr d'août.

Le Lieutenant Bourgès revient au Niger en réserve à partir du 25 décembre 1921. Il se retirera de l'armée pour vivre à In Gall et Agadez, commerçant éleveur, il finira ses jours à Agadez en passionné du monde Touareg. Le début des années 1920 voit les premiers commerçants eurpoéens qui s'implantent dans les cercles d'Agadez. M. Bourges, est l'un des premiers dans la ville d'Agadez qu'il va choisir pour lancer ses affaires dans une boutique bien achalandée non loin du vieux marché Tamalakoye. Son établissement, en 1920, est de faible importance au regard de la modestie de la vente d'étoffes importées du Nigeria et l'exportation de bétail en direction de cette colonie anglaise. Son commerce reste donc circonscrit entre les deux colonies. Installé aussi à Agadez dans les années 1920, M. Costa, dirige une affaire du même niveau que M. Bourges, mais contrairement à ce dernier, lui se livre exclusivement à l'exportation de bétail au Nigeria et n'importe rien en contrepartie. La société cessera de fonctionner suite au décès de l'entrepreneur en 1929.

1923 est dite année des Toubous. Le 14 janvier un rezzou de Toubous accompagnés de Kel Ajjer et de Kel Hoggar attaque les campements autour de Tegidda n'Tessoumt. Ils sont mis en fuite par le Sous-Lieutenant  Demergue au nord de l'Aïr. En juin les sections méharistes sont rassemblées à In Gall. Un autre fort rezzou sur les Kel Hoggar d'In Abangarit à Taket n'Koutat au nord de l'Ighazer est à mettre à l'oeuvre des Toubous. Le 15 septembre le Capitaine Fevez remplace le Commandant de Cercle François rapatrié sanitaire. En fin d'année le Lieutenant Saizieu remplace le Lieutenant Gilbert à la tête du groupe monté et accompagne le Lieutenant Bergougnave de d'In Abangarit à Agadez pour régler la question de l'appartenance des Kel Hoggar et des Almoussakaré au Niger.

Le 12 novembre 1924, le Capitaine Rottier devient le Commandant de la Section méhariste d'Agadez et prendra les fonctions de Commandant de Cercle le 25 mars 1925. En 1926, le groupe méhariste de Tahoua effectue les reconnaissances dans la zone d'In Abangarit.

1927 marque l'année du dernier rezzou au Niger, le poste d'In Gall est dissout et le Commandant de Cercle d'Agadez, le Capitaine Rayat, qui avait arrêté Tagama au Tibesti en 1919, valide le tracé de l'itinéraire automobile de Tamanrasset à Agadez en passant par In Guezzam et In Gall. C'est une année de bonnes pluies, le Lieutenant Witte surveille la Cure salée à Tegidda n'Tessoumt, il décèdera l'année suivante et sera remplacé par le Lieutenant Bedo. Désormais la Colonie du Niger est administrée depuis Niamey, afin de diminuer le pouvoir du peuple Haussa de Zinder.

Les années 30 et la grande guerre

Le 7 mai 1931 le Lieutenant Communal est à In Gall. En 1932 le Groupe Nomade de Tahoua est entièrement à In Gall, il sera inspecté par le Capitaine Thore à Tchimouménène le 27 octobre avant sa dissolution en décembre. Le Lieutenant Bedo recupère le commandement du Goum de Tahoua à In Abangarit, la saison des pluies est bonne et le retour sur Agadez par l'Ighazer très pénible dans les argiles mouillées. En 1935 Le Capitaine Arnould commande le groupe méhariste remplacé par le Capitaine Borricand en 1936. En fin d'année le Goum d'Agadez est dans la région d'In Gall pour la reconnaissance et le balisage de l'itinéraire automobile vers Tegidda n'Tessoumt et Tahoua.

En 1936, la conférence organisée à Agadez décide que les Kel Hoggar; les Taitoq et les Kel Gehla qui nomadisent au Niger au Nord de l'Ighazer seront rattachés administrativement à Tamanrasset. Il faudra attendre 1945 pour qu'ils soient rattachés au Niger.

Au début de la seconde guerre mondiale en 1939, Jean-Marie Corlu prend le commandement du Groupe méhariste d'Agadès. Le 8 août 1940, il décide de fêter son anniversaire en passant à la "dissidence". Puisque le Niger demeure sous l'obédience de Vichy, il décide de quitter le territoire. Envoyé par son chef vers le nord en reconnaissance de pâturages, il pique vers le sud. A dos de chameau, escorté de deux goumiers, il traverse le désert échappant à toutes les recherches. Toutes les trois heures, les postes de radio du Niger diffusent le même message : "par tous les moyens, rechercher et arrêter le lieutenant Corlu, du Groupe Nomade d'Agadès". En dix jours, il parcourt 700 kilomètres. Avant de franchir la frontière du Nigeria britannique, il renvoie ses goumiers avec un message à l'intention des officiers d'Agadès, indiquant à ceux qui voudraient le rejoindre la route à suivre. Ce fut sa réponse à l'appel du Général de Gaulle. En septembre le Lieutenant Pin est à Kirboubou puis In Gall. Vers 1940, après un stationnement prolongé dans la cuvette de Tegidda n'Tagait, le Sergent-Chef Labelle plante 2 à 300 plamiers doum. En 1944, le Goum arrête un marabout maure faisant de la propagande anti-français, Sidi Mahmoud, à Tegidda n'Tagait. Le 24 juin 1945, le Lieutenant Benaud est à Tegidda n'Tagait.

Vers l'indépendance

En 1946, la colonnie devient territoire d'outre-mer. En 1947, un adminstrateur civil est à la tête du cercle d'Agadez, Monsieur Brouin. Robert Marcorelles est le commandant du goum d'Agadez jusqu'en 1953. En mai 1946 les chameaux du groupe nomade dépannent la voiture du Chef de Bataillon Chapelle près de Tchimouménène. Le 10 juin 1947, le groupe nomade est à In Abangarit. Le 5 avril il est sur Fagoshia avec le Lieutenant Brault. Le 30 mai 1947 le Peloton Méhariste de Tahoua est à In Gall attendu par le Sergent Thévenin juste arrivé au Niger, le 2 juillet il est à In Kakan, puis Tamaznak pour la Cure salée.

Le 16 novembre 1949, le peloton méhariste stationne 2 mois à Tchimouménène, part pour nomadiser dans l'Azawak avec le Sous-Lieutenant Crétet. Le goumier Mohamed Ag Sajia, qui avait participé au dernier contre-rezzou de 1927, décède à In Gall en 1950 au cours de l'arrestation d'un voleur, il avait 32 ans et sera fait Chevalier de la Légion d'honneur en 1953. En octobre 1950 Ahmed Egrow un Kel Ghela, recherché pour de nombreux délits dont le braconnage d'Addax est dans la région d'In Gall. Il tue le Brigadier-Chef Rousman, un goumier. En février 1952, opération d'arrestation de 40 braconneurs Haussa dans le Tadress. L'Adjudant-Chef Marcorelles rencontre Ag El Kheir, chef des Kel Ferouan. épidémie de variole à la mare de Ekawel, l'année 52 est une bonne année de pluie. Le groupe méhariste participe aux campagnes de vaccination, siphilis, méningite. Le Lieutenant Prautois poursuit Egrow, qui meurt de soif  en 1953. Du 3 au 24 novembre 1952, Marcorelles fait le recensement des Kel Hoggar après être passé par la source de Gélélé.

Le 20 juillet 1955, des travaux de défense consolident le carré de Marandet, à la mi août le Lieutenant Fustec surveille la Cure salée. En juillet 56 une mission de N'guimi vient y acheter des chameaux .

 En septembre 1958, le référendum pour la constitution de la République du Niger a lieu, il devient Etat membre de la Communauté avec à sa tête Diori Hamani. Fin mai 56 de nouveau le carré est installé à Marandet, le 3 juillet une tornade comble le puits à cause de l'affolement de vaches peulhs. 1 chameau est tué par la foudre. En mars 1957 le Lieutenant Carpentier est à Agalel, passe à Azelik puis Fagoshia et Tegidda n'Adrar pour rejoindre Agadez. Juillet 57 retour à Marandet puis surveillance de la Cure salée par le Sous-Lieutenant Dumontet, puis In Kakan, Agalel. Mai 58 Carpentier retourne sur Marandet est aménage une piste d'atterissage. Septembre 58 Adjudant-Chef Maupoix à Marendet. Le 2 novembre Carpentier est à In Gall puis nomadise dans la zone des Kel Fadey. Février 59 Carpentier et Maupoix se rejoignent à In Abangarit.

10 août 1959 installation du carré à In Kakan, surveillance de la Cure salée, puis Tchimouménène, nomadisation puis regroupement à In Abangarit en janvier 1960, pâturage à Tchimouménène puis carré de Sekkiret. Diori Hamani proclame l'ndépendance le 3 août 1960. Le 15 novembre pâturage du peloton méhariste à In Gall, le 17 novembre à Tegidda n'Adrar.

Le Poste d'In Gall

Le poste d'In Gall est installé en 1904-5, il fut vite déserté. La construction du fort commença en 1917 après la révolte de Kaocen maîtrisée par les coloniaux, il servit ainsi de fort militaire jusqu'en 1941, mais fut en fait déserté en 1927 et servant uniquement de campement pour les sections méharistes de passage. De passage en 1934, Monsieur Lafaix, institueur de retour en France avec sa famille, notera que le fort est à l'abandonet tombe en ruine. Avec une économie qui se relance, il devient école coloniale, puis transformé en école publique à l'indépendance en 1960. Il fut abandonné vers 1976 et sert de "vague" Musée du dinosaure, qui de part l'insécurité chronique, le manque de financement, malgré les richesses archéologiques et uranifères de la région, n'a aucune renomée.

Taxe sur le selEn 1912 le territoire militaire du Niger instaure la première taxe sur le sel de Tegidda très réputé, 70 cts de Francs par 100 kilos. En 1920 les colons installent le poste de perception de l'impôts du sel dans la petite ville d'In Gall, car les propriétaires de salines habitent tous In-Gall. Le commerce prospère tout au long de l'année et permet un ravitaillement régulier en céréales des populations de l'Ighazer. La relative sécurité va permettre aux populations d'In-Gall de moins se faire piller par les Kel Fadey notamment, et faire prospérer cette bourgade. Les chiffres de l'exportation au cours du deuxième trimestre 1921, donne une idée de l'intensité du trafic : terre salée 36 tonnes, sel 87 tonnes. Le mouvement financier annuel peut être évalué en valeur à 250 000 francs.

En 1952, le lieutenant Prautois fait établir une nouvelle carte IGN au 1/200 000è pour la région d'In Gall, il termine sa monographie du pays d’In Gall en dénonçant : « Le ridicule de la frontière actuelle qui sépare les cercles de Tahoua et d'Agadès. Purement artificielle et tracée sans tenir compte de la topographie ou du peuplement des régions limitrophes, elle présente l'inconvénient de couper en deux une région naturelle dont In Gall est le pôle d'attraction incontesté. Il n'y a aucune raison pour que les Igdalen de Mohamed Aguissouf, les Tagarégaré de Mohamed el Moumine ou les Kel Nane de Bazo dépendent de l'administration de Tahoua alors que leur cercle de nomadisation les ramènent périodiquement sur le territoire d'Agadès ».

Le poste administratif d'In Gall fut créé en 1956 peu avant l'indépendance, il couvre un espace très vaste qui va d'Assamaka, marquant le seul passage de la frontière algérienne, et jusque vers Tamayya au Sud. Ce poste et presqu'aussi vaste qu'un pays comme le Togo. L'indépendance arrivera le 3 août 1960. Assamaka, a elle seule donne une importance particulière à tout le poste, puisque c'est le seul poste douanier pour le passage des marchandises et des personnes, et donc un point de rentrées douanières stratégique pour les pouvoirs locaux.

Roudeau 1976