Environnement - Flore

Le palmier dattier

La tête au soleil les pieds dans l'eau, ce n'est pas seulement nos vacances, c'est aussi le milieu de prédilection des dattiers, dont on décourvrira ci-contre une présentation ludique. Son origine Persane en fait un arbre étroitement lié aux religions monothéistes. Au Niger, il est de tous les évènements sociaux festifs (mariages, naissances, etc.) où l'on distribuera son fruit en remerciant les croyants venus réciter des prières collectives, mais aussi sous forme d'aumône pour les nécessiteux. Ou encore lors des fêtes comme le Bianou et le Mouloud ou l'on se pare de ses feuilles pour la grande parade.

dattier

Cet arbre à lui seul donne sa raison d'être à la ville d'In Gall. C'est grâce à lui que la petite ville a été fondée, il y a 5 siècles, par des Isheriffen venant ou revenant de la Mecque avec des rejets de dattiers. Pour trouver le meilleur site de développement de ces arbres, ils creusèrent des trous jusqu'à ce qu'ils trouvèrent le lieu qui convienne aux dattiers. Lorsqu'ils essayèrent d'en planter un à In Gall, il leur resta une partie de la terre du trou, qui leur signala que cette terre était bien aérée et convenait au dattier, les terres de toute la région étant argileuses. Ce serait ces mêmes Isheriffen qui achetèrent le lieu au Sultan d'Agadez, ce qui nous donne une date approximative de l'introduction du palmier dattier au XVIè siècle. Mais compte tenu du développement déjà important du commerce transsaharien avant le Xè siècle, il est fort possible que le dattier soit déjà connu en Ighazer et peut être à Azelik plus au nord où des jardins aurait été identifiés autour du XI-XIIè siècle.

Le palmier est à première vue l'unique ressource des populations d'In Gall avec le sel de Teggida n'Tessoumt. Il leur fournira bien entendu ses dattes, les plus succulentes du pays dont la variété principale est Almadeina = "venant de Médine", mais aussi les palmes pour les nattes, le bois pour la construction.

A In Gall, la variété Almadeina est la fierté de ses habitants, datte à chaire molle très sucrée, il n'y pas d'équivalent au Niger et sans doute dans tout le Sahel. Pas d'équivalent non plus du savoir-faire des phoeniciculteurs, pour la sélection des variétés, qui pratiquent la plantation par rejet et la fécondation manuelle. On a encore peu d'explication sur la provenance de ce savoir-faire unique au Niger et digne des palmeraies maghrébines, à moins que ce soit les Isheriffen qui ramenèrent aussi ces techniques de leur pèlerinage à la Mecque.
Essentielle, son ombre offre à toutes les autres plantes un microclimat vital pour les cultures étagées des oasis, où les légumes sont protégés par les petits fruitiers, eux même protégés par les grands dattiers.

La culture du dattier à In Gall

La plantation des dattiers se fait la plupart du temps par décrochage d'un rejet du dattier dont on souhaite conserver le fruit, car ce rejet donnera exactement les mêmes dattes que le pied mère. Il est appelé "agulgul" et peu produire dès trois ans après sa plantation, mais plus sûrement cinq ans après. La technique de décrochage du rejet est délicate et se fait par des spécialistes, une quinzaine dans la palmeraie qui se font rémunérer pour ce travail, qui peut prendre une à deux heures selon la grosseur du rejet.

Un jeune dattier qui a déjà produit peut être "déplacé", il est alors dit "tamagellet", c'est à dire qu'on peut le replanter à un autre endroit sans grand risque. Plus âgé, le risque de mortalité augmente mais certains le pratique néanmoins. Les anciens racontent souvent que sur un vieux dattier près à tomber, on lui coupe la tête et on le replante avec succès. Cette pratique ne se fait plus guère, sans doute à cause d'une réussite bien moindre. Car le savoir-faire des Isawaghen est aussi celui de l'arrosage, beaucoup en saison pluvieuse, moyennement en saison chaude. Après 10 ans, le dattier est à maturité, il est alors "tazey", le dattier en Tamasheq.

La fécondation manuelle est un moment important surtout pour la variété Almadeina qui ne se féconde pas autrement. Les fleurs du dattier mâle "amali", sont nouées avec celles du dattier femelle : c'est le mariage. Le chant qui accompagne cette technique remercie Dieu de les rendre fécond, à l'instar d'un jeune couple. Certains "amali" sont plus féconds que d'autres mais peuvent féconder toutes les variétés sans distinction, ils sont très peu nombreux à In Gall car un seul amali peut féconder des dizaines de tazey. Les "amali" sont choisis spécifiquement pour la fécondation de la variété Almadeina, car celle-ci requiet des pieds mâles bien spécifiques. Pour cela le jeune pied mâle sera testé une, voire deux années de suite, pour savoir s'il convient bien à la fécondation, selon la réussite de la production. La fécondation se fait en janvier-février durant la saison froide, mais n'aime pas les coups de vent qui dispersent trop le pollen.

La récolte et le séchage ensachage des dattes (photo 6 et 7).sont aussi des techniques spécifiques à In Gall. Alors que partout ailleurs au Niger on coupe le régime entier, à In Gall on égrène une à une les dattes mûres sur le régime. Elles sont ensuite mises à sécher pour les plus molles avant d'être ensacher dans des "abokal", sachets tressés avec des palmes de dattier, émerveillant même les oasiens maghrébins.
Très souvent, les jardiniers recouvrent de terre le pied des stipes de dattiers, dans le but de les protéger, recouvrant ainsi les racines aériennes du dattier. Ceci entraîne vraisemblablement une pousse en hauteur des dattiers et un cône de terre original au pied du dattier (photo 5 et 7).

Chanson chantée lors de la fécondation :
Allahou akbar Amali tazey
Amali tazey dan Karoua
Tighrey bismi rabana

Dieu est grand le mâle des dattiers
le mâle des dattiers pour augmenter
femelle dattier commence avec Dieu qui te protège

Séchage des dattes Tressage des Abokals de dattes

Son économie

Posséder un dattier à In Gall est la certitude d’un revenu annualisé loin d’être anecdotique, surtout si celui-ci est en âge de produire une récolte. En effet un très bon dattier peut fournir à lui seul 10 cartons de 15 kg de dattes soit 150 kg. Le dattier peut apporter de nos jours 100 000 Fcfa à son propriétaire (environ 1 €/kg). Ainsi posséder une dizaine de grand dattier peut suffire à subvenir aux moyens d'une famille, c’est pour cela que les autres cultures, notamment maraîchères, ne sont pas très développées à In Gall. Le dattier est plus rémunérateur et demande aussi moins de travail que le maraîchage. Les années antérieures un bon dattier donne plus du double ou du triple de la production actuelle. Cette baisse de production est due à l’insuffisance des précipitations constatée depuis 1974.

Les dattes d'In Gall

Vente de datte au marché

A côté de la variété "Almadeina", il existe un ensemble de cultivars rassemblés dans le groupe dit "Tombaye". La variété Almadeina fait la renommée de la palmeraie et du savoir-faire des phoeniciculteurs d'In Gall : une "datte patrimoine" comme l'a décrit Anne Luxereau dans son article sur les produits patrimoines du Niger. Pourtant Chudeau en 1909 précise : "On a cru longtemps que les dattes d'In Gall étaient de qualité inférieure car, par crainte de pillage, les propriétaires les cueillaient dès qu'elles commençaient à mûrir ; depuis que la présence de tirailleurs permet d'attendre la maturité, on a pu s'assurer que les dattes étaient bonnes. En 1907, le grain ayant manqué, la récolte a été assez abondante pour nourrir la population pendant trois mois".

Almadeina est une datte très sucrée et à chaire abondante, plus ou moins grosse selon les saisons et surtout la pluviométrie. Elle doit son nom à la capitale islamique "Médine" en Arabie Saoudite d'où elle est originaire, ramenée selon la tradition orale par des Isherifen de retour de leur pèlerinage. Après avoir cueilli les dattes, on peut récupérer le jus qu'on peut boire ou mélanger à "la boule" (mélange de mil et de lait). C'est ce jus qui fait qu'il est difficile de la conserver longtemps. Autrefois le jus était laissé à fermenter et était très apprécié des femmes notamment. En raison de la réduction importante de la palmeraie suite aux sécheresses, elle ne peut aujourd'hui produire de grandes quantités, les prix étant néanmoins très rémunérateurs. Cette variété n'est possible que par plantation de rejets. Elle ne se trouve nulle part ailleurs qu'à In Gall et Médine. Les gens ont tenté de reproduire cette variété à Tegidda n' Tessemt, Arlit, Niamey et dans la région de Tahoua mais n'y sont pas parvenus. Une fois planté ailleurs, le rejet pousse bien, mais ne fera jamais les mêmes fruits. Les variétés "Tombaye" : on recense 18 variétés principales et quelques sous-variétés de dattes à In Gall qui sont plus ou moins spécifiques à cette palmeraie. Le tableau 5 (page suivante) dresse l'inventaire de ces variétés, réalisé en 2000 selon les critères des jardiniers d'In Gall. Nous tenterons plus tard de vous en proposer une présentation photographique à défaut de gustative.

Nom (variété) Signification  Couleur du fruit Forme Texture abondance
Almadeina   rouge foncé peu long molle +++
Sintilagazan = Talikat (3)   rouge vert ou blanc rond molle ++
Bosso bosso les cendres couleur cendre long molle ou sèche +
Talharma   rouge long molle ++
Kani héré (6) dormmir avec la faim  blanc/rouge/noire très long molle ++
Mousdoul   rouge long gros molle +
Atiratinna   rouge petit mince molle +
Tuwila  fruit rapellant ceux de l'arbre Sclerocarya birrea blanc rond  molle +
Talittat    rouge long molle +
Tangal   se cueille mûri à moitié long 1/2 molle ++
Bagbara   pas très rouge grande molle  +
Madagdabé   vert long rond molle  ++
Tombay koray   blanc  long molle  ++
Tayni firizi datte verte  vert  long molle ou sèche  ++
Guéwess = Dagla   blanc très long sèche  ++
Tan zerak   blanc peu long molle  +
Tan wallak   blanc  mince long molle  +
Bita bita (Bila)   blanc rond sèche  +
Madina   pas très rouge très long molle  +

Edmond Bernus, d'après un rapport des eaux et Forêts de 1958, cite d'autres noms que nous n'avons pas recensés : Talagag, Teletad, Tinzer funu (nez pourri), etc. Il est probable que certaines n'existent plus car la dynamique de préservation des variétés est telle à In Gall, que celles qui sont peu réputées n'ont que peu de chance de passer plusieurs générations. De plus les échanges se faisant de proche en proche, certaines variétés sont plus installées dans tel ou tel quartier, par exemple Tangal à Ghyia. Enfin, un jardinier donne un nom à un dattier dont il possède le seul représentant dans la palmeraie, ce qui peut faire varier les listes de variétés d'un informateur à l'autre. Ainsi nous avons mis en gras dans le tableau 5, les variétés que l'on recense aujourd'hui et en 1958, et qui paraissent être une base de cultivars solidement installés auprès des jardiniers. Cela fait donc ressortir 14 cultivars stables et 1/4 de cultivars "éphémères" qui, s'ils ne sont pas retenus par les jardiniers, s'éteindront peu à peu.

Voici la liste des variétés aujourd'hui apparement disparues.

Nom Signification
Talaga il s'agit certainement de Talikak (famille Talharma)
Taletad existerait encore
Ahratena n'existe plus
Doungouri le haricot, peut-être qu'à cause de la forme de ses dattes
Kakakoye qui a des déchets (défection)
Tagalamguelam donne des dattes précoces
Kienbokoukou juste parce qu'il a des réjets long. Mains longues
Tonita certainement mal écrit
Tennikoray dattes blanches, peut être autre nom de Bita bita
Takarambout dattes maigres et sèches, cela arrive dés fois, ce n'est pas éternel

D'autres noms sont donnés aux dattiers
- Zan Taguimba, c’est un nom qui n’est pas commun selon les jardiniers, spécialement donné à un dattier par le propriétaire pour des raisons qui lui sont propres
- Tamazala, c’est un dattier donné à une femme mais ce n’est pas une variété.
- Tazagalgal, n’est pas également une variété, on l’appelle ainsi parce qu’il est couvert de beaucoup de palme sèche.

Le nombre de dattiers

En 1907, Chudeau évalue rapidement la palmeraie à 4 000 dattiers. En 1929 le prince Sixte de Bourbon estime le nombre de dattiers à environ 2 000. Edmond Bernus cite dans son ouvrage sur les palmeraies de l'Aïr un chiffre datant de 1958 comptabilisant 10 083 dattiers à In Gall, ce qui apparaît largement surdimensionné. Il n'est pas improbable que les informateurs ayant rapporté ce chiffre aient exagéré leur patrimoine, de plus il est très fréquent à In Gall qu'un dattier appartienne à plusieurs personnes, ce qui évidemment apporte des doubles comptes. La surface des quartiers les plus anciens de la palmeraie est d'environ 71 ha (d'Akalel à Ghiya) multipliée par la densité moyenne de dattiers dans les quartiers à grands dattiers soit 65 à l'hectare, nous donnerait un nombre de dattiers voisins de 4 615, ce qui doit être un maximum. En 1975 il était relevé 150 parcelles, soit une surface de 50 ha (avec 0.33 ha par jardin) d'où un nombre de dattiers voisins de 3 250 toujours en valeur maximale, car il est difficile de se persuader que toutes les surfaces étaient exploitées avec une telle densité de dattiers et le chiffre moyen de 2 500 stipes pour la palmeraie de In Gall paraît des plus raisonnable. Sur la photo aérienne de 1954 de l'IGN, on relève que les dattiers sont concentrés sur Ghiya, Tama Henen, Korey Futu et la partie centrale d'Akalel, soit une quinzaine d'hectare et moins de 1 000 stipes.

Aujourd'hui la palmeraie compterait environ 2 600 dattiers, évaluation faite à partir des images satellites. Ces vues satellites nous permettent de préciser un ordre de grandeur sur les dattiers supérieurs à 5 mètres, environ 500 stipes, régressant sans doute fortement ces 50 dernières années. En réponse à ces constats, les phoeniciculteurs ont planté d'autres dattiers sur d'autres terrains. La palmeraie est actuellement composée aux 3/4 de jeunes plantations contre la moitié en 1958 selon un rapport cité par E. Bernus.

Utilisation du bois et des palmes

Les palmes servent à confectionner des nattes qui sont très prisées car beaucoup plus lisses et chaleureuses qu'avec les palmes du palmier Doum. Elles ne sont produites que pendant la récolte, car on ne peut pas toujours prélever les palmes, la production de dattes étant prioritaire sur cet usage. On tresse également avec les palmes, les sachets contenant les dattes pour la vente, ou "abokal".

Le tronc du dattier, à sa mort, peut être débité en 2 parties et peut ainsi servir de poutre dans la construction ou de support au portail d'un jardin. La nervure centrale des palmes, qui peut atteindre 3 mètres, sert également à la confection de l'armature d'un lit, sur lequel on posera des nattes et couvertures.

Enfin le jus de datte peut être utilisé comme le miel, on le boit, avec ou sans la boule (bouillie de mil), avec du fromage, etc.

Posséder un dattier

Pour posséder son dattier on peut tout simplement l'acheter parce qu'on veut une variété spécifique ou, si le propriétaire à un besoin d'argent, ou acheter la récolte par avance.

L'héritage est sans doute le meilleur moyen de posséder un dattier. Lorsqu'un propriétaire décède, ses biens sont partagés selon les coutumes musulmanes, ainsi le dattier n'échappe pas à cette règle. Prenons l'exemple d'une personne qui a un jardin de 16 dattiers qui, après son décès, laisse une veuve, cinq garçons et 4 filles. Voilà comment se présente le partage d'héritage : la veuve a 2 dattiers, les garçons ont 10 dattiers soit 2 chacun, les filles ont 4 dattiers soit 1 dattier chacune.

Un moyen plus astreignant sera de planter soi-même son dattier, dans son jardin ou dans le jardin commun à toute la famille ; il faudra bien entendu prévoir son entretien, notamment l'arrosage.

"L'addawal" dans la langue courante à In Gall signifie promesse. On peut donner un dattier « addawal » à quelqu'un s'il est gravement malade. Ce dattier ne lui appartiendra que s'il est guéri. Une personne peut avoir un dattier « addawal », si elle est égarée dans la brousse. Un membre de la famille ou un ami peut lui donner un dattier si on la retrouve.

Le dattier peut également se donner en dote de mariage mais cela ne semble plus trop se pratiquer. Et lorsqu'une femme quitte la maison de son mari, pour qu'elle revienne le mari lui donne un dattier, ou si le mari prend une seconde épouse, le dattier devient « Tamazala ». En Tasawaq ce mot signifie rendre heureuse une personne. En plus si on donne un dattier à une femme, ce dernier ne sera jamais hérité par un homme, quelles que soient les circonstances. Ce dattier suit la lignée des femmes, il est dit « Alhabouss ».
Un jardinier peut faire cadeau d'un dattier à un membre de la famille, en raison de son obéissance à celui-ci, parce que la personne a réussi à un examen coranique, ou à une fille qui se marie lorsqu'elle quitte sa famille pour vivre chez son mari.

On peut désigner un dattier dans un jardin ; il appartiendra à celui qui paie le cercueil au propriétaire après sa mort.
On peut donner à quelqu'un la récolte d'un dattier pour une ou plusieurs périodes. On peut aussi donner la récolte d'un dattier à la mosquée. Personne ne touche aux fruits de ce dattier, chaque récolte est amenée à la mosquée, elle est destinée aux marabouts. On peut aussi désigner un dattier dans un jardin, la récolte de ce dattier appartient à toute personne qui passe devant le jardin au moment de la récolte.

Si une personne entretien un dattier qui ne lui appartient pas, elle a un régime par dattier quel que soit le nombre des régimes sur le dattier.

Tout ceci fait que, dans un même jardin, on retrouve le plus souvent plusieurs propriétaires de dattiers et que chaque jardinier a des dattiers dans plusieurs jardins, ainsi chaque arbre à une histoire complexe ...

Enfin si vous n'êtes pas d'In Gall l'association Chlorophylle vous propose de planter des dattiers pour un coûts très modiques, alors n'hésitez pas !

Les maladies

La palmeraie d’In Gall se trouve affectée depuis une quarantaine d’années par la cochenille blanche (Parlatoria blanchardi) ou « pou du dattier ». Les sècheresses successives et la baisse de la nappe phréatique ont fait proliférer cet insecte au point de bloquer la croissance des palmiers les plus jeunes, pouvant aller jusqu'à leur mort. La productivité générale en dattes a aussi été grandement atteinte.

La lutte biologique par l’introduction d’une coccinelle prédatrice (Chilocorus bipustulatus var iranensis) a été effectuée dans les années 80, elle est toujours présente mais ne limite plus les populations de cochenille. Elle ne parait donc pas suffire actuellement pour diminuer ce parasite, sans un renouvellement de sa population.

Des essais de traitement biologique ont été réalisés en 2001 par l'association Almadeina. Dernièrement un jardinier a demandé qu'on lui prépare cette solution pour ces dattiers, cela signifie qu'ils connaissent cette solution et sauront en user en cas de gros développement de ce parasite. Cette solution consiste en un mélange à part égale d'huile alimentaire, de savon noir et d'alcool à brûler. Le savon noir sert d'émulsifiant de la cire des larves, l'alcool attaque le parasite et l'huile a une action protectrice de la palme.

Une technique traditionnelle existe mais n'est plus usitée, peut être à cause de la rareté de la plante utilisée, le Talifumbo. Les fleurs, et surtout le pollen, devaient servir à cette technique mais les usages actuels ne nous ont pas permis de retrouver la véritable technique. Nous n'avons d'ailleurs rencontré Pulicaria crispa qu'une seule fois dans l'ouest de la palmeraie, si toutefois c'est bien la plante appelée Talifumbo ... Fort heureusement le Bayoud semble absent à In-Gall et en général dans les palmeraies sahéliennes.