Chroniques d'un désert annoncé ...

Plusieurs arrestations lors d'une manifestation à Agadez

Une vingtaine de personnes ont été interpelées vendredi à Agadez dans le nord du Niger, lors d'une manifestation d'ONG, visant à protester contre le rejet de plusieurs demandes de "manifestations pacifiques" notamment contre la société Areva, a appris l'AFP samedi de sources concordantes.

Areva, le groupe nucléaire public français exploite depuis plus de 40 ans l'uranium dans la zone d'Agadez (nord).

"Nous avons profité de l'arrivée de la première Dame pour nous faire entendre après plusieurs refus des autorités de nous laisser manifester pacifiquement", a affirmé à l'AFP, El Kontchi Mohamed Aoutchiki, un des dirigeants du Collectif pour le renouveau et l'innovation (CRI) créée en décembre par une quinzaine d'Ong basées dans le nord.

La première Dame du Niger, Malika Issoufou est arrivée vendredi dans cette grande ville du nord, pour participer à un Festival dans la localité touareg Iférouane (nord).

"Plusieurs jeunes ont manifesté à travers Agadez et ont brûlé des pneus à certains endroits de la ville", a affirmé un caméraman indépendant joint samedi par l'AFP au téléphone.

Une vingtaine de personnes ont été arrêtées au cours de cette manifestation, a précisé M. Aoutchiki.

Lors d'une de ses manifestations interdite le 30 janvier, le CRI voulait dénoncer notamment "le refus" d'Areva de se soumettre à la nouvelle loi minière de 2006 et réclamer "une meilleure redistribution à la population des redevances" tirées de l'uranium exploitée dans la zone par Areva et une société chinoise.

Areva et l'Etat nigérien sont depuis des mois en intenses discussions pour prolonger les contrats d'exploitation de deux mines d'uranium dans le nord du pays, la Somaïr et la Cominak, arrivés à échéance le 31 décembre 2013.

Le bras de fer porte principalement sur les recettes de l'Etat nigérien, qui souhaite soumettre à une loi minière de 2006 les deux mines exploitées depuis le début des années 1970. Cette loi supprime des exonérations fiscales et relève le taux de redevance minière, mais Areva refuse son application. Cette mesure compromettrait selon l'entreprise française la rentabilité de ses mines, dont elle extrait un tiers de son uranium.

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