Chroniques d'un désert annoncé ...

Exploitation minière au Niger

la région d’Agadez se soulève contre l’injustice

Le Groupement des organisations de la société civile de la région d'Agadez dénommé GOSCRAZ, rejoint par les députés nationaux élus au titre de la région, le conseil régional d'Agadez et par un groupe de chefs traditionnels de la même localité, ont exprimé à travers une déclaration rendue publique, hier jeudi 10 janvier 2012 à Niamey, au siège du groupe alternative espace citoyen, des vives inquiétudes et autres préoccupations par rapport à la situation relative à la recherche et à l'exploitation minière dans la région d'Agadez.

Après un demi siècle de recherche et d'exploitation d'uranium dans la région d'Agadez, c'est aujourd'hui un chiffre d'affaires de plus de 350 milliards par an qui est réalisé par le groupe Areva et la Société des Mines d'Azelik (SOMINA) au Niger, indiquent les signataires de cette déclaration, avant d'énumérer les conséquences de l'exploitation de l'uranium sur les populations et l'environnement.

Des conséquences fâcheuses

Ces conséquences se résument en : l'épuisement des nappes fossiles, le stockage de 45 millions de tonnes de résidus radioactifs (cas des mines des filiales d'Areva au Niger), la disparition de la faune, de la flore, (bois de chauffe, aires de pâturage...), la pollution, dégradation et modification irréversible de l'environnement physique, la dégradation des mœurs locales, l'état de dégradation avancée du réseau routier d'Agadez en général et de la route Tahoua-Arlit dite Route de l'Uranium en particulier qui est l'expression type de l'échec de la recherche et de l'exploitation de l'uranium au Niger, le transport dans des mauvaises conditions et stockage dans les habitations des produits chimiques ( carbonate, soufre, nitrate, acide sulfurique, soude...etc), la dispersion par les filiales d'Areva au Niger des ferrailles radiologiquement contaminées dans les villes, la création de zones d'exclusion de 450 Km2 ( cas de la ceinture dite sanitaire d'Imourararen SA), la très faible utilisation de main d'œuvre locale, la Très faible promotion des entreprises locales, la très faible participation au développement local, le développement des maladies liées à la radioactivité, l'utilisation abusive et illégale de la sous-traitance, la non implication des ONGs et associations dans les opérations de suivi et évaluation des impacts environnementaux et sociaux tel que stipulé par les textes nationaux portant sur la procédure administrative d'évaluation et d'examen des impacts environnementaux, la démission totale des cadres de l'administration étatique (mines et environnement, d'Evaluation Environnementale des Etudes d'Impact) dans le suivi des activités de recherche et d'exploitation minière, l'épuisement de la nappe d'eau sur les sites uranifères, la contamination de la nappe phréatique par le nitrate utilisé lors des tirs dans la mine de Tchirozérine, la faible extension du réseau électrique au profit de la population, le risque de développement des maladies liées aux poussières de charbon.

Les péchés de la société chinoise Somina

Dans le cas particulier de la Société des Mines d'Azelik (SOMINA), les signataires de cette déclaration relèvent : le non respect par celle-ci des normes environnementales en matière de gestion des résidus solides et liquides radioactifs comme les eaux usées déversées dans la vallée et consommées par les animaux ; la non information et sensibilisation des travailleurs et de la population sur la radioactivité ; le non respect des règles de sécurité au travail (tenue de travail, protection ...etc) ; la non déclaration des travailleurs à la caisse nationale de sécurité sociale par les sous-traitants ; un recrutement déshumanisant de la main d'œuvre ; la non participation au développement local ; le non respect des valeurs culturelles des populations ; les mauvaises conditions de logement pour les forces de défense et de sécurité.

Cas d'autres sociétés de recherche minière

Plus de 200 permis de recherche ont été octroyés dans le domaine minier à des sociétés, comme GOVIEX, GLOBAL Uranium, GAZPROM, Niger Ressources, Niger Uranium, PALADIN. Mais à cette date aucune de ces sociétés bénéficiaires desdits permis n'a participé au développement local de la région, dénonce le groupement des organisations de la société civile de la région d'Agadez. En outre, cette structure dit constater une violation par ces sociétés, des dispositions de la convention type qui leur fait obligation de participer au financement des infrastructures collectives territoriales. Selon le GOSCRAZ, ces sociétés ont entrepris ces derniers temps un rapatriement des capitaux à travers la mise à l'écart des sociétés et entreprises locales au profit des celles venues de l'extérieur avec leur main-d'œuvre entraînant ce faisant la mise en chômage des jeunes dans une zone où l'Etat s'évertue à consolider la paix en créant des emplois.

Au vu de tout ce qui précède, les organisations de la société civile de la région d'Agadez lancent un cri d'alarme à l'endroit des plus hautes autorités et à l'ensemble des citoyens Nigériens de prendre conscience de la gravité de cette situation qui risque de mettre en péril la stabilité, la quiétude, et la sécurité de notre pays, ont-ils averti.

source : nigerdepeche.com