Chroniques d'un désert annoncé ...

Situation de l'environnement

"Petit à petit mais sûrement ..."

La région d'Agadez comprend trois départements (Arlit, Bilma et Tchirozérine), trois postes administratifs (Aderbissinat, Iferouane et Ingall), quatre communes urbaines (Agadez commune, Arlit, Tchirozérine et Bilma) et onze communes rurales (Aderbissinat, Dabaga, Danet, Dirkou, Djado, Fachi, Gougaram, Iferouane, Ingall, Tabelot et Timia).

 

Ce sont des zones écologiquement fragiles. En matière de formation forestière, la région compte 8 001 050 hectares de domaines forestiers classés dont 1050 ha de forêts classées, aujourd'hui à 100% détruites, 8 000 000 ha de réserves de faune en péril. Selon le Directeur régional de l'Environnement, la situation environnementale est globalement préoccupante dans la région d'Agadez pour diverses raisons.

Il y a d'abord la dégradation de l'environnement due à la surexploitation des ressources naturelles à laquelle viennent s'ajouter les effets dévastateurs de l'érosion éolienne et des inondations, accentuant en même temps le phénomène de la désertification ; l'accumulation des déchets de tous genres due à l'implantation des différentes sociétés minières qui ont fait d'une partie importante de cette région leur déversoir; le braconnage couplé à la dégradation de l'habitat de la faune et l'ensablement des mares (gueltas) expliquent la diminution constante et même parfois la disparition des espèces fauniques.

Tous les efforts entrepris dans ce secteur ne semblent pas être à la hauteur de la dimension d'une région vaste et désertique, ni aux moyens très réduits de la direction régionale, a indiqué le Lieutenant-Colonel Abarchi Idi. C'est pour cela, a-t-il poursuivi, que l'écosystème naturel de la région est en perpétuelle dégradation du fait des érosions, de la prolifération des déchets plastiques, des feux de brousse et des coupes abusives. En effet, le bois de chauffe se raréfie chaque jour davantage ; à l'heure actuelle, les zones d'exploitation se situent à quelque 200 kilomètres des centres urbains comme Arlit et Agadez commune. En outre, a-t-il précisé, même les domaines protégés subissent une forte exploitation des peuplements des palmiers doum.

L'état de la faune

Rappelons que la réserve de l'Aïr et du Ténéré, ainsi que les domaines du Tadress et de l'Irhazer, renfermaient, il y a quelques années, une faune très riche et variée. Les bouleversements sociopolitiques qu'a connus la région ont entraîné de manière systématique et très déplorable la rareté ou la disparition de certaines espèces fauniques.

Aussi, malgré les efforts de conservation consentis par les services de l'Environnement et leurs partenaires, la faune de la région continue de payer de lourds tributs du fait de l'intensité du braconnage et de la destruction de son habitat naturel. C'est ainsi que l'autruche au cou rouge et l'oryx ont totalement disparu de leur milieu naturel. Par ailleurs, indique le directeur régional de l'Environnement, les changements climatiques des dernières décennies ont accentué les phénomènes de l'érosion hydrique et éolienne, occasionnant de ce fait une diminution du capital de production.

A cela s'ajoute la dégradation du milieu naturel due à la surexploitation des ressources naturelles, aux feux de brousse favorisant les phénomènes de la désertification. D'autres menaces proviennent des abords des vallées où sont concentrées les ressources forestières de la région (doumiers et autres essences...). Beaucoup d'espèces animales et végétales ont disparu ou sont en voie de disparition. L'accumulation des déchets en tout genre due aux rejets des matériaux solides et liquides des différentes unités industrielles, les emballages plastiques, contribuent également à aggraver la situation de l'environnement.

Des efforts ont été entrepris par les services compétents et portent notamment sur les travaux de protection et de restauration des sols, la sensibilisation et l'organisation des communautés pour qu'elles prennent en charge et en toute responsabilité la gestion de leur terroir, car qu'il y va de leur propre intérêt. En amont, afin que la protection de l'environnement devienne un réflexe pour tous, des programmes de l'Etat et de ses partenaires ont donné un nouveau souffle aux actions traditionnelles de protection et de restauration de l'environnement. A travers ces programmes, un nombre important de groupements féminins et des jeunes (GIE, ONG) ont vu le jour dans le cadre des activités de production de plants forestiers et fruitiers, l'amélioration des cultures traditionnelles par des techniques mécaniques légères (diguettes en pierres), la récupération des terres dégradées par la confection des banquettes et leur ensemencement, etc.

L'ensemble de ces activités leur procure des revenus qui améliorent le quotidien, tout en leur permettant d'économiser en cas d'impondérables. Entre autres mesures d'urgence, il y a les actions préventives de lutte contre les feux de brousse, la mise en œuvre de la muraille verte, la stratégie de lutte contre la dissémination des déchets plastiques, la systématisation des études d'impact et le respect strict des clauses environnementales. Toutefois, un accent particulier doit être mis pour intensifier la surveillance et le suivi de l'environnement, la collaboration avec les projets et ONG oeuvrant dans le domaine de l'environnement, la sensibilisation et l'information des bénéficiaires sur la gestion durable des ressources naturelles.

D'autres actions doivent également être entreprises, notamment l'élaboration d'un schéma directeur d'aménagement et de valorisation de la faune ; une gestion saine du tourisme; la création d'un arboretum pour conserver les ressources forestières locales ; la création des bois communautaires et le renforcement de l'utilisation du charbon d'Anou-Araren au niveau des villages et campements afin de diminuer la pression sur les ressources forestières. 

 

VENDREDI, 08 JUILLET 2011 07:56 ÉCRIT PAR DUBOIS TOURAOUA, ONEP TAHOUA - Le Sahel