Actualité de l'Ighazer

Mahamadou Issoufou

"L'insécurité tue non seulement l'économie d'un pays, mais le pays lui-même"

Mahamadou Issoufou, le président nigérien s'est inquiété dimanche des dangers de l'instabilité de "la zone sahélo-saharienne".

Le président nigérien Mahamadou Issoufou est inquiet et l'a fait savoir dimanche lors de l'inauguration d'un « Forum paix et développement » à une quinzaine de kilomètres à l'est d'Arlit, près d'Agadez, la grande ville du nord désertique du Niger.

« Les rébellions récurrentes et l'insécurité résiduelle qui en découle toujours, le terrorisme qui gangrène la zone sahélo-saharienne, les trafics d'armes et de drogue qui ont semé l'insécurité, ont mis fin à l'âge d'or et freiné le développement économique et social de la zone », a-t-il déclaré quelques jours après des affrontements entre armée malienne et rebelles touareg au Mali voisin qui ont fait 47 morts.


 

« L'insécurité, liée tout particulièrement aux conflits fratricides, tue non seulement l'économie d'un pays, mais le pays lui-même (...) Cessons de nous replier sur nos ethnies, sur nos régions, n'encourageons plus l'irrédentisme et unissons-nous », a-t-il ajouté annoncant la mise en place prochaine d'un programme de développement de la zone, qui prévoit une réinsertion sociale des ex-rebelles touareg.

"Une coopération dynamique et franche"

Présent lors de la cérémonie, le Premier ministre du Mali, Cissé Mariam Kaïdama Sidibé s'est également exprimé. Elle a évoqué une esquisse de stratégie : « une coopération dynamique et franche » et une « mutualisation de(s) moyens face à une menace transnationale qui se caractérise de plus en plus par l'interconnexion de nombreux réseaux terroristes ».

De nombreux touaregs, dont Mohamed Anako, président du conseil régional d'Agadez et figure emblématique de la rébellion touareg nigérienne des années 1990 ont également assisté à cette inauguration. Ce dernier a lancé « un appel pressant » aux Touareg maliens « pour qu'ils privilégient le dialogue au détriment de la violence ». « La situation actuelle au Mali voisin nous préoccupe à juste titre », a-t-il souligné.

Depuis le 17 janvier, la rébellion touareg s'en est prise à ces trois villes du Nord malien, et a menacé de s'attaquer à d'autres localités. Ce sont les premières attaques de ce type depuis l'accord de 2009 avec le gouvernement malien, qui mettait fin à la rébellion. Selon le gouvernement malien, les combattants regroupent des touaregs rentrés de Libye suite à la mort de leur protecteur Mouammar Kaddafi et des membres du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA).

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