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Cure salée édition 2010 : La paix sociale au cœur de la rencontre

curesalee2010Après trois années d’absence, les éleveurs du nord Niger ont convergé vers les terres salées d’Ingall pour la traditionnelle cure salée. Placée sous le signe de la paix, le renforcement de  la cohésion sociale et l’unité nationale, la cure salée qui s’était déroulée du 25 au 27 septembre a été une tribune de choix pour porter le seul message qui vaille pour nous : celui de la Paix !

Dans son discours d’ouverture, le Gouverneur de la région, le Colonel Garba Yayé a demandé à la population d’apporter sa contribution dans la restauration de la paix car disait-il : « il faut individuellement et collectivement prendre conscience que l’insécurité n’est pas une fatalité. Par un sursaut patriotique, on peut y mettre fin. La paix est une richesse que nous sommes entrain de gaspiller et notre avenir en dépend. »

Plusieurs innovations ont été observées cette année à Ingall. Ainsi des concours culturels ont été inclus dans le programme des manifestations au grand bonheur des participants.

Pour Mohamed Aïttock, maître de cérémonie de l’édition 2010 de la cure salée : «  la culture est un élément qu’il faut promouvoir. C’est dans ce cadre que nous avons essayé de faire en sorte qu’il y ait des compétitions culturelles au sein du programme de cette année. Par exemple, nous avons intégré le prix du meilleur danseur de Almoulout, fête locale d’Ingall qui se déroule chaque année ici afin d’impliquer les populations locales, les chameaux les mieux harnachés et les mieux dressés ont aussi reçu des prix.»

Sur toutes les lèvres, l’on explique la réussite de cette édition à son programme très riche mais savamment aéré. « Sincèrement, j’ai trouvé le programme impeccable. On remarque au premier coup d’œil que ce sont des professionnels des grands événements qui l’ont conçu », avoue Hamid Alassane, un natif de la région.

Outre ce dernier, la majorité des participants à la cure salée n’ont pas regretté le déplacement. Et Dieu seul sait qu’ils étaient venus de tous les coins du Niger et même des pays voisins comme l’Algérie, la Libye, le Mali et le Nigéria pour assister à l’unique fête qui a la prétention de rassembler autant du monde. On y comptait plus de six mille personnes à avoir fait le déplacement d’Ingall. Parmi ces participants, on a vu des touristes ayant résisté aux sirènes de la peur qui n’ont cessé de retentir de partout depuis les fâcheux évènements d’Arlit ! Marceloti, un italien venu avec d’autres compatriotes pour la fête de la cure salée, était subjugué par l’éclat de la fête : «  depuis que nous sommes arrivés à Ingall, nous n’avons vu aucun acte qui tend à perturber la quiétude sociale. Nous avons osé et je vois que le  jeu en vaut la chandelle. Nous ne regrettons pas d’être à la cure salée ». Même satisfecit des chefs coutumiers des zones nomades. Abouhamid Ag Azouhour, chef de groupement Kel Ferwan  le confirme : « pour nous la cure salée est la seule rencontre qui permet aux éleveurs d’échanger entre eux mais aussi à l’Etat de sensibiliser nos populations pour la culture de la paix et la gestion non-violente des conflits. » Et de conclure en priant : « que cette paix chèrement acquise dans notre région soit entretenue par tous et à tous les niveaux ».

Au rang des festivités, l’on a applaudi la présence et surtout les prestations des peulhs wadabbe  qui ont donné un cachet très particulier à la fête. A la fin des concours, le prix de la révélation Chanson Tendé a été attribué à Aminata Ahmed du village de Emalawley. Le meilleur Dabra (âne harnaché) a été attribué à Fati Biro, une femme du village de Torguit

Il faut enfin saluer l’engagement sans faille des autorités qui n’ont pas lésiné sur les moyens pour assurer la sécurité des participants. Un imposant dispositif militaire ayant été mis en place. Bravo aux organisateurs de cette édition sans oublier le chef de poste d’Ingall véritablement engagé pour la réussite de l’événement.


Envoyé spécial, David Yacouba

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